La BCE en position d'attente

Malgré le ralentissement avéré de la croissance dans la zone euro, les gardiens de la monnaie unique campent sur leurs positions. La Banque centrale européenne (BCE) a décidé de maintenir inchangé son principal taux d'intérêt directeur à 3,25%, à l'issue de la réunion mensuelle de son conseil des gouverneurs. L'euro est stable après cette décision et s'échange contre 0,9750 dollar. Le marché des changes est dans l'expectative avant le discours de George W. Bush cet après-midi devant les Nations Unies.Revenant au cours d'une conférence de presse sur la décision de prolonger le statu quo monétaire, Wim Duisenberg, a indiqué que l'orientation actuelle de la politique monétaire de la Banque centrale européenne est "complètement neutre", ce qui signifie que la banque centrale ne penche pour le moment ni en faveur d'une réduction des taux, ni en faveur d'une hausse. Et pour justifier cette position, le président de la BCE se dit tout aussi préoccupé par l'inflation que par la faible croissance de la zone euro. Et effectivement les risques sont assez équilibrés. D'une part, le niveau des prix reste préoccupant. Le taux d'inflation de la zone euro est repassé en août au-dessus du seuil maximal de 2% toléré par la BCE, à 2,1%. Cette poussée de fièvre est notamment due à la valse des étiquettes dans les services à la suite de l'introduction de l'euro fiduciaire. La récente remontée du prix du baril de pétrole, en raison des craintes de conflit en Irak, n'est pas pour rassurer la BCE. Wim Dusienberg ne dit pas autre chose quand il déclare que la hausse des prix du pétrole fait peser un risque sur les prix et sur la vigueur de la reprise. A Londres, les cours du brut sont actuellement à des niveaux proches des pointes atteintes dans les jours ayant suivi les attentats du 11 septembre 2001, soit entre 28 et 29 dollars le baril.Par ailleurs, l'économie européenne montre des signes évidents d'essoufflement. Les prévisions de croissance dans la zone euro ont été révisées à la baisse pour 2002 à 1,4%. L'Allemagne et la France, les deux premières économies de la zone, connaissent des difficultés importantes sans que de l'autre côté de l'Atlantique n'émergent de véritables certitudes quant à un redémarrage solide de l'activité.En France, l'emploi salarié dans le secteur privé a connu une stagnation au deuxième trimestre (lire article ci-contre) et la croissance du PIB en 2002 devrait être inférieure à 1,4%. L'an prochain, elle devrait être comprise entre 2 et 2,5%. En Allemagne, le chômage n'a pas cessé de progresser et la consommation reste atone. Des faiblesses qui ont fait dire hier au chancelier Gerhard Schröder que la croissance dans son pays n'attendrait l'an prochain qu'"environ 2%", alors que la prévision officielle de son gouvernement est de 2,5%. Dans ce contexte, certains pays européens sont tentés de laisser déraper un peu les finances publiques. Une facilité à laquelle s'oppose Wim Duisenberg qui juge "plus nécessaire que jamais" que les gouvernements de la zone euro respectent leurs engagements budgétaires dans le cadre du Pacte de stabilité et de croissance, autrement dit la promesse de retour à un quasi-équilibre des comptes publics en 2004.

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