Edmund Stoiber veut reporter l'équilibre budgétaire à 2006

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Quelques heures à peine après le compromis de Madrid sur le pacte de stabilité (lire ci-contre), le candidat de la CDU-CSU à la Chancellerie, Edmund Stoiber, s'est prononcé pour un report à 2006 de l'équilibre budgétaire de l'ensemble des administrations publiques allemandes. Il ouvre ainsi la porte - dans l'hypothèse probable d'une victoire de la CDU/CSU aux élections du 22 septembre - à un accord sur ce point avec Jacques Chirac, ce dernier s'étant prononcé pour un semblable report lors de la campagne présidentielle. Interrogé sur l'engagement pris auprès des partenaires de la zone euro et de Bruxelles par le gouvernement fédéral actuel de réaliser cet équilibre dès 2004, Edmund Stoiber l'a qualifié "d'impossible". En 2001, le déficit public allemand avait atteint 2,7 % du Produit Intérieur Brut (PIB), en-dessous donc des sacro-saint 3% fixés par le pacte de stabilité. Mais "le déficit devrait atteindre 3 % cette année, voire le dépasser", si le rythme des recettes fiscales ne s'améliore pas d'ici la fin de l'année, souligne Friedrich Merz, président du groupe parlementaire chrétien-démocrate et "ministre fédéral" des Finances du "cabinet fantôme" constitué par Edmund Stoiber. Donné actuellement gagnant des élections législatives du 22 septembre prochain, Edmund Stoiber a notamment rappelé "la difficile situation de déséquilibre" des budgets des Länder et des communes, obérant la perspective d'un équilibre budgétaire à cours terme. Evoquant la menace d'avertissement que l'Union européenne (UE) avait lancé au gouvernement fédéral à propos des comptes publics allemand au début de l'année, le rival de Gerhard Schröder à la Chancellerie a estimé "qu'il aurait mieux valu que nous acceptions l'avertissement et présentions un budget équilibré pour 2006", plutôt que pour 2004. "Nous allons tenir nos engagements internationaux comme nous les avons signés et nous n'avons pas l'intention ni la nécessité d'y changer quoi que ce soit" avaient en revanche insisté mercredi le chancelier Schröder et son ministre fédéral des Finances, Hans Eichel, en présentant le prochain budget fédéral. A l'instar du nouveau gouvernement français, les chrétiens-démocrates répètent à l'envie que "le Pacte européen de stabilité est un fondement inaliénable pour la stabilité de la monnaie commune, fondement que la politique de l'Allemagne ne doit pas affaiblir". Mais ils s'abstiennent généralement de citer toute date-butoir pour l'objectif d'un budget "quasi-équilibré". Le 4 juin dernier (Voir La Tribune du 5 juin 2002), Kurt Lauk, président du Conseil économique de la CDU, avait déjà indiqué que "cet engagement de 2004 du gouvernement actuel est complètement irréaliste. 2006 serait réaliste". "Le Pacte de stabilité et de croissance ne prévoit d'ailleurs pas d'engagement dans le temps" avait-il rappelé, avant d'exiger "une nouvelle discussion". Dans trois sondages récents, l'opposition chrétienne-démocrate (CDU/CSU), totalise entre 38 et 41 % des intentions de vote contre seulement de 34 % à 36 % pour le SPD du chancelier Schröder. Le prochain Chancelier serait donc, selon ces sondages, Edmund Stoiber...

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