Jürgen Schrempp durement critiqué par les petits actionnaires de DaimlerChrysler

Journée mouvementée pour le président de DaimlerChrysler, Jürgen Schrempp. C'est en effet aujourd'hui que se réunissait à Berlin l'assemblée générale des actionnaires du cinquième constructeur automobile mondial. Or, la stratégie de Jürgen Schrempp, qui est à l'origine de la fusion de Daimler-Benz et de Chrysler en 1998, si elle reste soutenue par les grands actionnaires (Deutsche Bank, émirat du Koweit), est très contestée par les petits.Certes, Jürhgen Schrempp s'est félicité des résultats de son groupe au premier trimestre 2002. Un premier trimestre qui est, selon lui, "la preuve que la nouvelle année a démarré positivement" après une année 2001 noire qui s'était soldée pour le groupe par des pertes de 662 millions d'euros.Mais les petits actionnaires ne se sont pas contentés de ses perspectives et la confrontation avec Jürgen Schrempp a été parfois très dure. Ainsi, Lars Labryga, président de la SdK, une ligue de défense des petits actionnaires, n'a pas hésité à qualifier le président du groupe "d'exterminateur de valeur". L'action DaimlerChrysler qui valait en janvier 1999, deux mois après la fusion, 96,35 euros, en vaut aujourd'hui environ 50. Ce matin dans le Süddeutsche Zeitung, Lars Labryga considérait que "la valeur de DaimlerChrysler est aujourd'hui inférieure à celle de Daimler Benz", avant d'ajouter : "c'est notre argent qui a été anéanti".Le président d'une autre associations d'actionnaires, la DSW, Jorg Pluta a été acclamé par la salle de 12.000 personnes lorsqu'il a demandé une "alternative" à la tête du groupe, critiquant le récent renouvellement de Jürgen Schrempp à son poste jusqu'en 2005. Jorg Pluta a ajouté que, pour lui, Chrysler était une "maladie américaine" et Mitsubishi "une grippe asiatique". Pourtant, cette fronde des petits actionnaires ne devrait avoir aucune conséquence. Avec 27% du capital, ils sont impuissants face aux 54% détenus par les investisseurs institutionnels.Dans son discours d'introduction, le président du groupe avait présenté de bonnes nouvelles à ses actionnaires. Il a ainsi affirmé que le constructeur devrait être en mesure d'atteindre son objectif de bénéfices avant impôts de 2,6 milliards d'euros cette année. Mais cet objectif ne date que de février dernier et résulte de la révision à la baisse d'un premier objectif de "5,5 à 6,5 milliards d'euros". En 2001, le groupe avait connu des pertes de 662 millions d'euros.Concernant le "mouton noir" du groupe, la marque américaine Chrysler qui est en déclin sur le marché très concurrentiel des Etats-Unis, Jürgen Schrempp a annoncé qu'elle dégagerait un résultat "légèrement positif" pour le premier trimestre 2002 et pour la première fois depuis un an et demi. Une prudence qui n'est sans doute pas en mesure de rassurer les actionnaires.Concernant les marques allemandes du groupe, Mercedes-Benz et Smart, Jürgen Schrempp s'est montré très optimiste. Les ventes du premier trimestre ont été, selon lui, plus importantes que prévu. Néanmoins, celles de Mercedes ont baissé de 5% en mars et sont restées stables sur le premier trimestre. Jürgen Schrempp a néanmoins estimé que le bénéfice du premier trimestre de Mercedes-Benz devrait être comparable à celui du premier trimestre de 2001. Mais ce "bon" premier trimestre ne se traduira donc pas par une croissance du résultat.En fait, Jürgen Schrempp n'a pas caché que l'environnement du groupe restait difficile. Les prévisions de croissance économique mondiale formulées par le groupe sont passées de 3% à 1,4% et DaimlerChrysler s'attend à une baisse de 15 millions de véhicules du marché américain cette année, soit une décrue du même ordre qu'en 2001. En conséquence, le groupe, a affirmé Jürgen Schrempp, ne sera pas en mesure "d'atteindre les objectifs affichés jusqu'ici pour les prochaines années". Pourtant, Jürgen Schrempp a affirmé que sa stratégie "conduira notre entreprise en tête de l'industrie automobile mondiale".Les marchés, après avoir sanctionné l'action en raison de ces perspectives pour après 2002, ont bien accueilli le retour de Chrysler à la rentabilité. Le titre a progressé de plus de 2% à 51,3 euros aujourd'hui à Francfort.latribune.f

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