Nouvelle progression de l'industrie américaine en avril

Après la hausse inattendue des ventes de détail d'avril, on attendait les chiffres de la production industrielle pour avoir confirmation que la reprise était de nouveau sur de bons rails aux Etats-Unis. La production industrielle a progressé de 0,4% en avril sur un mois. Cette hausse est conforme aux prévisions du consensus Reuters. Le mois dernier, la croissance de la production industrielle avait été la même : +0,4% (chiffre révisé en baisse de 0,3 point par rapport à la première estimation). Cette correction rend la progression d'avril plus positive que prévu. La production manufacturière est en hausse de 0,3% en avril.Les secteurs qui ont tiré vers le haut la production industrielle sont l'automobile (+2,9%), les biens de consommation (+0,3%) et les services aux collectivités (les "utilities" qui ont profité d'un mois exceptionnellement chaud outre-Atlantique). Ces bonnes performances s'expliquent par la bonne tenue continuelle de la consommation américaine. La production liée aux dépenses publiques (espace et défense) connaît également une hausse sensible ce mois-ci (+0,9%). En revanche, les secteurs de la construction (-0,3%) et des biens d'équipement (+0,1%) semblent nettement moins dynamiques.Ce chiffre de la production industrielle s'explique également par une poursuite de la reconstitution des stocks. On a appris ainsi que les stocks avaient encore baissé en mars pour le 14ème mois consécutif. La reprise du premier trimestre semble donc se poursuivre, avec les mêmes dynamiques (stocks et consommation), mais à un rythme moins soutenu.Un peu plus tôt dans la journée, le chiffre de l'inflation avait montré pour la première fois depuis plus d'un an, un léger coup de chaud sur les prix. En avril, l'indice des prix à la consommation (CPI) a progressé de 0,5% sur un mois, soit un dixième de point au-dessus de ce qu'attendait le consensus Reuters. En mars, la hausse des prix avait été de 0,3%. Il s'agit de la plus forte hausse des prix du CPI depuis mars 2001.Cette très légère accélération de l'inflation n'est pas seulement due aux prix énergétiques qui explosent de 4,5% en avril (la plus forte hausse depuis juin 2000). Le "core-CPI", c'est-à-dire l'indice des prix à la consommation hors énergie et alimentation, progresse de 0,3%, contre +0,1% en mars. Les analystes attendaient une hausse de 0,2% sur un mois. Parmi les secteurs les plus touchés par la hausse, on citera surtout les transports, dont les prix, dans le sillage de ceux de l'énergie, ont progressé de 1,7% en avril, et les soins médicaux (+0,5%). En revanche, les prix des appareils électriques reculent de 0,6% en avril.Ce chiffre est-il en mesure de modifier la politique de la Fed et de hâter le relèvement des taux directeurs ? Cela semble peu probable. L'accélération de l'inflation reste en effet limitée. Sur un an, les prix ont progressé de 1,6% seulement aux Etats-Unis et la stabilité des prix à la production enregistrée vendredi dernier (lire ci-contre) laisse présager un retour au calme prochainement. Quoi qu'il en soit, même une hausse modérée de l'inflation pourrait être temporairement tolérée par la Fed tant que la demande finale ne sera pas suffisamment solide pour assurer une croissance stable. C'est ce qu'a laissé entendre hier soir le président de la Fed de San Francisco Robert Parry qui a déclaré qu'un "peu d'inflation est peut-être plus sain qu'une inflation zéro", prenant comme exemple le cas du Japon qui est actuellement englué dans une crise de déflation sans précédent.

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