Nouvelle hausse de la productivité aux Etats-Unis

La forte hausse de la productivité annoncée au premier trimestre (8,6%) avait fait espérer une amélioration très nette des comptes des entreprises, et donc la reprise de l'investissement. Il n'en a pourtant rien été, puisque l'on a juste assisté au cours du deuxième trimestre à un ralentissement de la baisse de l'investissement.Le chiffre de la productivité au deuxième trimestre semble donc aujourd'hui moins pertinent pour prévoir une reprise de l'investissement. On sait en effet que depuis le mois de juin, les entreprises, craignant les conséquences de la crise financière, ont très fortement réduit leurs dépenses et mis fin à toute velléité d'investissement. Le chiffre publié ce vendredi paraît donc surtout donner une indication sur la future santé des entreprises. Un élément important dans le contexte financier actuel, si tant est que la santé réelle d'une entreprise peut encore avoir une influence sur son cours de Bourse.Au deuxième trimestre, l'amélioration de la productivité s'est donc ralentie, tout en restant supérieure aux attentes des analystes. Alors que le consensus Reuters se situait à +0,8%, le département du Travail a annoncé une amélioration de 1,1% de la productivité non agricole américaine. Un chiffre certes nettement inférieur à celui du trimestre précédent, mais qui montre que, malgré la faible croissance et la hausse notable de coûts salariaux sur le trimestre (+2,4%, contre +1,9% attendus par les analystes), les entreprises américaines sont parvenues à enregistrer de nouveaux gain de productivité. Une capacité que leur envie sans doute encore bien des entreprises européennes.Le point positif de ce chiffre est l'amélioration continuelle enregistrée par le secteur manufacturier (+4,9% au deuxième trimestre contre +9,7% au trimestre précédent). Alors que la production industrielle se reprenait, les entreprises ont en effet continué leurs réductions d'effectifs. On peut donc penser que le secteur manufacturier pour amortir un éventuel ralentissement économique grâce aux gains de productivité réalisés en début d'année. A l'inverse, si la croissance tient bon, ces gains devraient permettre une reprise de l'investissement à moyen terme. Cette nouvelle percée de la productivité est donc de bon augure pour l'économie américaine, quel que soit le scénario de la croissance.