Brusque ralentissement de la croissance américaine

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Coup d'arrêt brutal pour la croissance américaine. Après un bon premier trimestre (dont la croissance a toutefois été révisée à la baisse à 5% en rythme annualisé, contre 6,1%), l'économie a brutalement ralenti au deuxième trimestre puisque la hausse du PIB en rythme annualisé n'y a été que de 1,1%. Un chiffre nettement inférieur au consensus Reuters qui s'établissait à 2,2%. Le ralentissement est donc bien réel et loin d'être uniquement dû au simple effet de la fin de la reconstitution des stocks. La consommation s'est ainsi tassée avec une hausse de 1,9% au deuxième trimestre contre 3,1% au trimestre précédent. Dans le domaine des biens non durables, on peut même parler d'un arrêt de la consommation puisque cette dernière n'a crû que de 0,6% contre 7,9% lors des trois premiers mois de l'année. Or, les Etats-Unis ne peuvent toujours pas compter sur la reprise de l'investissement des entreprises. Ce dernier s'est contenté de baisser moins vite qu'au premier trimestre, mais il reste en recul de 1,6% au deuxième trimestre (contre -5,8% entre janvier et mars). Le commerce extérieur a également eu une contribution négative à la croissance puisque si les exportations ont progressé de 11,7%, les importations se sont envolées (+23,5%) au cours du trimestre. L'effet sur la croissance est sans appel : une contribution négative de 1,7 point. La puissance publique s'est efforcée de soutenir l'activité et la croissance des dépenses de l'Etat fédéral reste en ligne avec celle du premier trimestre (+7,4%), mais les gouvernements locaux ont dû restreindre leurs dépenses (-1,1% contre +4,6% au premier trimestre) afin de rééquilibrer leur budget.De fait, malgré son ralentissement, le restockage a encore une fois été le grand contributeur de la croissance américaine. Au premier trimestre, il avait ajouté 2,6 points de croissance, au second, sa contribution s'élève à 1,15 point. Du coup, l'évolution de la demande finale américaine (croissance du PIB moins variations des stocks) a donc été bel et bien négative au deuxième trimestre : -0,1% (contre +2,4% au trimestre précédent).Ce chiffre de la croissance est, sans conteste, très mauvais. Il sera sans doute corrigé, mais nul doute qu'il va s'agir pour les observateurs d'un véritable coup de froid. D'autant que sur le long terme, les nouvelles évaluations du Bureau des analyses économiques (BEA) ont montré que les Etats-Unis n'avaient pas éviter la récession en 2001. Ils y sont entrés depuis janvier 2001. Durant les trois premiers trimestres de l'an dernier, le PIB américain a reculé de 0,8% en rythme annuel. Certes, la hausse s'est ensuite amorcée, mais le BEA précise bien qu'il ne "sait pas quand la récession s'est achevée". Il est donc fort probable que le premier trimestre 2002 ne soit qu'un pic de croissance isolé et que l'économie américaine soit toujours menacée par la récession. Les effets de la récente crise boursière ne devraient pas favoriser l'optimisme sur ce plan.Pour preuve, l'indice des directeurs d'achat de la région de Chicago, bon indicateur de l'activité industrielle américaine a reculé de 6,7 points en juillet à 51,5. Il s'agit de son plus bas niveau depuis janvier dernier. En s'approchant de la barre des 50, l'indice montre que l'activité industrielle est proche de la stagnation. On remarque à la fois une réduction drastique de la production actuelle (dont l'indice recule de 10 points en un mois à 55,9) et des nouvelles commandes (dont l'indice perd 9 points à 52,4). Cet indicateur confirme ce que laissaient entendre d'autres statistiques : la reprise très légère de l'investissement est terminée. Il n'est donc plus question de compter dans l'immédiat sur une reprise industrielle outre-Atlantique. Et le troisième trimestre risque bien d'être difficile pour l'économie américaine.Evidemment, les marchés ont mal réagi à ces chiffres décevants. Alors que les bonds du Trésor américains progressaient, le Dow Jones était à 17h30 en baisse de 1,59% tandis que le Nasdaq reculait de 2,23%.

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