Le déficit public allemand hors des clous européens en 2002

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Depuis le début de l'année, l'Allemagne soutient qu'elle parviendra à contenir son déficit public dans le strict cadre défini par le Pacte de stabilité, à savoir au maximum 3% du PIB. Ce soir, ce mythe a vécu: le ministre des Finances allemand a mis un terme à l'illusion. Lors d'une interview télévisée, Hans Eichel a reconnu que le déficit public de la première économie de la zone euro devrait probablement dépasser cette barre des 3%. Il met ainsi fin au dogme officiel selon lequel le déficit aurait avoisiné cette année 2,9%.Après cet aveu, l'Allemagne ne devrait pas pouvoir échapper - comme ce fut le cas au debut de l'année - à l'ire de Bruxelles. La Commission européenne devrait entamer une procédure à l'encontre du gouvernement Schröder pour "déficit excessif". Une procédure dont fait d'ores et déjà l'objet le Portugal.Voulant sans doute rassurer Bruxelles, Hans Eichel a assuré que pour 2003 en revanche, l'Allemagne sera "très, très nettement en dessous des 3% (de déficit)". Le projet de budget pour l'année prochaine table sur un déficit de l'ordre de 2,5% avec une hypothèse de croissance de 1,5%. Ce scénario exclut les conséquences, négatives pour l'activité, d'un éventuel conflit en Irak. Depuis sa réélection à la tête de l'Allemagne, le chancelier Gerhard Schröder semble prendre de plus en plus de distance avec le Pacte de stabilité et de croissance. Situation paradoxale, tant l'Allemagne avait insisté pour que la rigueur budgétaire soit l'un des piliers fondateurs de la zone euro. Cependant, sa victoire à l'arraché le 22 septembre dernier et les difficultés rencontrées par l'économie allemande semblent avoir poussé Gerhard Schröder à chausser de nouvelles lunettes et à envisager avec moins de réticences une politique budgétaire plus expansionniste. Avec un nombre de chômeurs supérieur à 4 millions et une croissance qui pourrait n'être que de 0,5% en 2002, l'Allemagne est à la recherche d'un second souffle et a besoin de réformes pour repartir de l'avant.Après l'annonce d'aujourd'hui, il semble de plus en plus clair qu'un front franco-allemand est en train se former face à l'orthodoxie budgétaire bruxelloise. Berlin rejoint Paris dans la fronde même si l'Allemagne manifeste plus de tact, faisant certaines concessions. Au contraire de la France, l'Allemagne a accepté de réduire de 0,5% son déficit structurel (hors aléas conjoncturels) dès l'année prochaine, alors que la France ne se conformera à cette disposition qu'en 2004. Berlin a aussi admis la nécessité d'atteindre l'équilibre des finances publiques en 2006 alors que Paris en tient plutôt pour 2006-2007.

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