L'économie américaine inquiète toujours autant

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Les revenus des Américains ont augmenté plus vite que leurs dépenses au mois d'août. Outre-Atlantique, les consommateurs ont choisi le mois dernier de mettre un peu plus d'argent de côté. Selon les chiffres publiés cet après-midi par le département du Commerce, les revenus ont progressé en août de 0,4% à 33 milliards de dollars. Sur la même période, les dépenses de consommation des ménages ont augmenté de 0,3% à 23,7 milliards de dollars. Ces hausses sont inférieures aux attentes des économistes interrogés par Reuters, qui tablaient sur une augmentation de 0,5% à la fois pour les revenus et pour les dépenses.La hausse des revenus en août marque néanmoins un rebond par rapport à juillet, qui avait vu cet indicateur stagner. Pour les optimistes, cette hausse est porteuse d'espoir dans la mesure où elle laisse aux consommateurs la possibilité de continuer à dépenser dans l'avenir. C'est d'autant plus important que la consommation représente les deux tiers du PIB des Etats-Unis. A l'inverse, la progression des dépenses de consommation le mois dernier apparaît moins forte qu'en juillet (+1%). Cependant, en août comme en juillet, la hausse s'explique par la bonne tenue des dépenses en biens durables, qui ont progressé de 1,4% en août. Le dynamisme des achats de voitures n'est sans doute pas étranger à ce phénomène. Afin d'attirer le client, les constructeurs multiplient les promotions et les conditions de financement avantageuses. Pour ce qui est des dépenses consacrées aux biens non-durables et aux services, elles ont augmenté de 0,2% seulement. En tout état de cause, ces chiffres ne devraient pas apporter énormément de réconfort aux investisseurs. D'autant que l'indice des directeurs d'achats du secteur manufacturier de la région de Chicago se révèle pour le mois de septembre bien plus mauvais qu'attendu. Il est tombé à 48,1 après 54,9 en août. C'est la première fois depuis le mois de février que cet indice retombe sous la barre des 50, seuil en deçà duquel on estime qu'une activité est en contraction. Bien que se référant à des données régionales, cette statistique est très regardée par les économistes dans la mesure où elle donne des informations sur la tendance générale. A Wall Street, les marchés d'actions ne s'y trompent pas. En fin d'après-midi, heure française, le Dow Jones abandonne 1,5% et le Nasdaq cède 2,2% (lire ci-contre). Les bonnes paroles distillées par la Maison Blanche ne suffisent donc pas pour l'instant à remonter le moral des acteurs économiques. Le chef des conseillers économiques de George W. Bush s'y est pourtant essayé. Glenn Hubbard a affirmé que "la reprise est en cours aux Etats-Unis" et il a souligné que selon lui, on allait assister à une "reprise des investissements durant le trimestre qui vient". Or, les difficultés actuelles de l'économie américaine sont principalement le fait de cette faiblesse de l'investissement. Faute de visibilité et prises dans la tourmente boursière, les entreprises ont mis sous l'éteignoir leurs projets d'investissements et par la même occasion ont, soit gelé les embauches, soit franchement coupé dans leurs effectifs.A cet égard, la publication vendredi des chiffres de l'emploi pour le mois de septembre est très attendue par les économistes. Ils y chercheront des informations afin d'établir un diagnostic plus fiable quant à la santé de l'économie américaine.

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