Le Japon termine son année fiscale sur une note morose

C'était aujourd'hui le dernier jour ouvrable de l'année fiscale au Japon. Une date qui, ces dernières semaines, était la hantise des observateurs qui craignaient un rapatriement des capitaux nippons depuis l'étranger et une crise financière internationale.Il n'en a rien été, la Banque du Japon ayant fourni les liquidités nécessaires. Pour autant, rien n'est réglé au pays du soleil levant et la série d'indicateurs publiée cette nuit montre qu'il existe un risque que l'année fiscale 2002-2003 ressemble à la précédente.Ces dernières semaines, les économistes prévoyaient un rebond de l'activité au Japon au premier trimestre 2002. Il semble que ce rebond reste bien timide. Ainsi, la production industrielle s'est accrue de 1,3% sur un mois en février. Le consensus des économistes prévoyait une reprise de 2,7%. Leurs attentes ont donc été gravement déçues. D'autant qu'on a appris que les dépenses des ménages salariés (60% des dépenses des ménages) avaient rechuté en février. Après une timide hausse de 0,2% sur un mois en janvier, elles ont de nouveau plongé de 2,9% en février. En bref, la crise déflationniste se poursuit au Japon, comme le prouve l'indice des prix à la consommation de février. Avec une chute des prix en février de 0,5%, les prix à la consommation ont baissé en rythme annuel de 1,6%, soit 0,2 point de moins qu'en janvier. Les timides signes de stabilisation qui s'étaient fait jour en janvier semblent donc annulés en février. En conséquence, le nombre de demandeurs d'emploi a de nouveau augmenté de 180.000 personnes, avec un taux de chômage stable à 5,3%.Pour certains économistes, comme Tomoko Fuji, de Salomon Smith Barney, interrogé par Reuters, ces chiffres sont la preuve "que l'économie japonaise est en train de toucher le fond". Mais Mathew Poggi, de Lehmann Brothers, considère que "la phase de stabilisation du premier trimestre n'est pas aussi forte que celle que les industriels attendaient".D'ailleurs, devant ces mauvaises nouvelles, le Premier ministre Junichiro Koizumi a avoué son incompréhension et son impuissance. "Je me demande vraiment pourquoi l'économie japonaise ne devient pas plus dynamique, car nous avons fait tout ce que nous avons pu en termes de politique budgétaire et monétaire". Il a toutefois indiqué "n'avoir pas perdu confiance dans le potentiel du Japon" et il a promis "d'accélérer" le règlement du problème des mauvaises créances des banques et de la dette publique.latribune.f

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