Nortel reste abonné aux profit warnings

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Comment aurait-il pu en être autrement ? Après les avertissements de Nokia, Lucent et Alcatel, confirmant tour à tour la persistance de la crise sur le marché des équipements de télécommunications, Nortel Networks, le géant - ou plutôt l'ex-géant - canadien du secteur en tire les conséquences. Un mois à peine après l'annonce de 7.000 emplois supplémentaires et une première révision des prévisions d'activité trimestrielles, le groupe ajuste donc à nouveau ces mêmes prévisions. Le recul du chiffre d'affaires entre le deuxième et le troisième trimestres devrait donc atteindre "environ 15%", les ventes avoisinant ainsi 2,35 milliards de dollars, contre 2,77 milliards sur la période avril-juin. Jusqu'à présent, Frank Dunn, le PDG du groupe, espérait limiter cette baisse à 10%, après avoir renoncé à stabiliser le niveau d'activité. Pour justifier ce nouveau "sales warning", le groupe met en avant "une nouvelle détérioration des dépenses des fournisseurs de services, notamment aux Etats-Unis et dans les réseaux sans fil en Asie".Même si les restructurations continuent de faire leur effet en abaissant le seuil de rentabilité, Nortel Networks restera dans le rouge sur la période juillet-septembre. Il annonce même une perte "marginalement plus lourde" qu'au deuxième trimestre. Pour autant Frank Dunn s'attache à la principale promesse faite aux investisseurs depuis le début de la crise : "notre première priorité reste le retour à la rentabilité avant la fin juin 2003". Un objectif dont la réalisation est mise en doute par les agences de notation financière, qui ont enchaîné les dégradations ces derniers mois.Pour faire patienter les investisseurs, Nortel a par ailleurs décidé de procéder à un regroupement d'actions (reverse stock split, en anglais), qui sera soumis au vote des actionnaires lors de l'assemblée générale du printemps prochain. L'objectif est de ramener le cours du titre, tombé sous la barre symbolique d'un dollar à Wall Street, dans la fourchette de 10 à 20 dollars. Cette décision est risquée car même si elle se justifie par la menace d'une exclusion pure et simple du New York Stock Exchange, le titre ayant clôturé sous 1 dollar durant 30 séances consécutives, le "reverse stock split" a souvent pour effet d'accentuer la chute des actions concernées. Le constructeur d'assistants numériques Palm est bien placé pour le savoir : son action avait chuté de 19% le 29 juillet dernier après l'annonce d'un projet similaire. Et Nortel semble bien parti pour lui emboiter le pas : à la mi-séance à Wall Street, le titre du groupe canadien chutait de 18,8% à 0,52 dollar.

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