Refinancé, restructuré, Marconi s'efforce de redevenir rentable

Avec un mois d'avance sur la date prévue, Marconi a définitivement bouclé son plan de refinancement. Annoncée fin août, la prise de contrôle du capital de l'équipementier britannique de télécommunications par ses banques créancières est globalement conforme au plan initial : quatre milliards de livres (6,2 milliards d'euros) de dettes vont être converties en actions, donnant aux créanciers la quasi-totalité du capital... et réduisant les actionnaires "classiques" à une part symbolique. L'essentiel de ce plan sera entré en vigeur avant la fin mars. L'ex-GEC, conglomérat converti au "tout télécoms" à la fin des années 90 juste avant la plus grave crise de l'histoire de ce marché, s'apprête donc à tourner définitivement la page la plus noire de son histoire financière. Mais il n'est pas pour autant sorti d'affaire : même si les résultats semestriels publiés aujourd'hui montrent une nette réduction de la perte nette, le groupe est forcé de reconnaître que la situation sur ses marchés reste "difficile" et est amenée à le rester encore longtemps. Sur les six premiers mois de l'exercice 2002-2003 (avril-septembre), la perte avant impôts atteint 720 millions de livres (1,125 milliard d'euros), contre 5,1 milliards de livres sur la même période de l'exercice précédent, en raison d'une forte réduction des charges exceptionnelles. Les ventes, elles, ont chuté de 57% à 1,106 milliard de livres. Principal point positif de la période, mis en avant par le groupe : la marge brute sur les activités stratégiques a progressé de 4,5 points entre le premier et le deuxième trimestres, pour atteindre 22%.Doté d'un nouveau président en la personne de John Devaney, ancien dirigeant du groupe de logistique Exel et de celui de services collectifs Eastern Group, Marconi poursuit donc la réduction de ses coûts : son objectif prioritaire est de ramener son point d'équilibre financier à 1,9 milliard de livres de ventes annuelles d'ici l'exercice 2004. La réduction des coûts devrait être plus rapide que prévu : les charges d'exploitation devraient être ramenées à 520 millions de livres par trimestre avant la fin de l'exercice, soit avec un an d'avance sur le calendrier initial. Après avoir supprimé quelque 3.000 emplois au cours de l'année écoulée, Marconi ne prévoit désormais plus de réduction massive de ses effectifs. Ceux-ci devraient tomber à 14.000 personnes environ fin mars. A la Bourse de Londres, l'action Marconi, après avoir ouvert en baisse, a gagné 2,56% lundi pour clôturer à 2 pence. A ce niveau, la capitalisation boursière du groupe, plombée par la perspective de la conversion de la dette en actions, reste inférieure à 60 millions de livres.

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