2003, année de stagnation pour America Online

Difficile sur le plan économique autant que judiciaire, l'année 2002 se terminera sans doute avec soulagement dans quatre semaines pour America Online. Mais la branche Internet d'AOL Time Warner ne s'attend pas, loin de là, à tourner la page de ses ennuis à l'occasion de la Saint-Sylvestre. Les prévisions pour 2003 rendues publiques aujourd'hui par sa maison mère ne laissent en effet guère de place à un optimisme débridé. Le premier fournisseur d'accès du monde avec ses 34 millions d'abonnés s'attend en effet à voir la "croissance solide" des revenus tirés des abonnements occultée par la chute "de 40 à 50%" du chiffre d'affaires publicitaire et de celui du commerce électronique. En conséquence, le chiffre d'affaires global de la division devrait être stable et l'Ebitda (équivalent de l'excédent brut d'exploitation) devrait reculer de 15 à 25%.Pour 2002, le groupe maintient les prévisions antérieures : America Online devrait afficher un Ebitda de 1,7 à 1,8 milliard de dollars pour un chiffre d'affaires de 8,8 à 9 milliards, dont 1,5 à 1,6 milliard issu de la publicité et du commerce électronique. L'an prochain pourrait ainsi voir, dans le pire des cas, ce dernier poste passer sous la barre des 750 millions de dollars. Ces reculs spectaculaires ne tiennent pas tant à la chute globale du marché qu'à un changement de mode de comptabilisation des ventes. AOL a en effet tiré les conséquences de la remise en cause, par la SEC notamment, de l'enregistrement de certains accords d'échange et de partenariat conclus avec des régies publicitaires ou des fournisseurs de contenus extérieurs au groupe. Un accord avec Oxygen Media aurait notamment abouti à intégrer dans le chiffre d'affaires d'America Online des revenus réalisés en fait par des chaînes câblées de Time Warner Cable (lire ci-contre).Aujourd'hui, assure le directeur financier du groupe Wayne Pace, "il est clair que 2003 sera une année de transition", avant que 2004 permettre une croissance solide de l'Ebitda d'America Online. Mais avant d'en arriver là, les investisseurs devront digérer des résultats 2002 décevants : le groupe dans son ensemble ne table que sur une progression de son Ebitda située dans le bas de la fourchette d'estimations avancée jusqu'à présent, soit plus proche de 5% que de 9%, pour un chiffre d'affaires en hausse de 5 à 8%.Seule bonne nouvelle délivrée aux analystes financiers par Jonathan Miller, le directeur général de la division : les pertes des activités européennes d'AOL diminuent plus vite que prévu. Elles devraient être ramenées à 200 millions de dollars sur l'ensemble de cette année, au lieu des 300 millions attendus jusqu'à présent, contre 600 millions l'an dernier. La majeure partie des pertes est enregistrée en France et en Allemagne, où le groupe affronte respectivement Wanadoo et T-Online, tandis que la filiale britannique est très proche de l'équilibre d'exploitation.Mais ces derniers élements ne suffisent pas à faire oublier les perspectives globales d'America Online, qui provoquent une chute de l'action AOL Time Warner à Wall Street : a la mi-journée, le titre perdait 11,6% à 14,64 dollars.

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