Salaire réduit pour Michael Capellas chez WorldCom

C'est l'un des revers du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites : toute société ayant choisi sa protection pour s'abriter de ses créanciers doit obtenir l'approbation d'un juge fédéral pour les décisions de gestion les plus importantes. En l'occurrence, pour WorldCom, le deuxième opérateur longue distance des Etats-Unis, il s'agissait de mettre noir sur blanc les conditions de rémunération de son nouveau PDG, Michael Capellas, débauché chez Hewlett-Packard. Le juge Jed Rakoff du tribunal fédéral de New York a donc épluché le contrat d'embauche du nouvel homme fort du groupe dans ses moindres détails. Et avant de lui donner son feu vert, il a obtenu une réduction de 23% de l'enveloppe promise. Celle-ci prévoyait un versement initial de deux millions de dollars, un salaire annuel de 1,5 million, un bonus de 1,5 million et l'attribution d'un minimum de 18 millions de dollars en actions. Au final, Michael Capellas devrait donc toucher huit millions de dollars au cours des trois prochaines années. Un salaire auquel pourrait s'ajouter un généreux paquet d'actions de l'entreprise, pour 12 millions de dollars lorsque WorldCom sortira du Chapitre 11 et six millions supplémentaires s'il accomplit des performances "exemplaires" à la tête du groupe durant la période de redressement. En échange de l'accord du juge, Michael Capellas devra conserver les titres WorldCom reçus en rémunération pendant douze mois, un délai réduit à six mois pour 75% de sa participation s'il quitte le groupe. Il s'est par ailleurs engagé sur un certain nombre de principes du gouvernement d'entreprise, promettant notamment de gérer WorldCom dans le respect des lois fédérales et de mettre en application un code d'éthique au sein de l'entreprise.La semaine dernière, WorldCom avait souligné que la rémunération de son nouveau patron, chargé d'assurer sa survie en restaurant sa rentabilité et sa réputation, serait "largement dans la norme des rémunérations versées aux dirigeants des entreprises de taille et de complexité comparables à celles de WorldCom". Son ancien PDG, Bernie Ebbers, démissionné au printemps après la révélation de fraudes comptables qui pourraient atteindre neuf milliards de dollars, avait reçu l'an dernier un million de dollars de salaire, après avoir touché dix millions de bonus en 2000. Mais il doit aujourd'hui quelque 400 millions de dollars au groupe, en remboursement d'un prêt destiné à l'achat d'actions WorldCom.Première conséquence de la levée par la justice du dernier obstacle à l'arrivée de Michael Capellas : la quasi-totalité des membres du conseil d'administration de WorldCom a démissionné ce mardi, notamment John Sidgmore, qui avait occupé la présidence par intérim du groupe. Seuls conservent leurs sièges au conseil les membres nommés depuis le début du redressement judiciaire.

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