Sage a bien résisté sur un marché des PME convoité

Solides mais pas vraiment brillants, les résultats annuels provisoires publiés ce matin par Sage, le principal éditeur européen de logiciels pour PME, peinent visiblement à convaincre les investisseurs. En dépit d'une hausse de 11% du résultat avant impôts et exceptionnels, à 135,2 millions de livres (212 millions d'euros), une performance honorable en période de ralentissement économique, le groupe britannique présente en effet encore des points faibles. Et son président, Michael Jackson, tout en affichant sa "confiance" pour 2003 et sa volonté de poursuivre la croissance par acquisition, est resté vague sur les perspectives du groupe pour les prochains mois. D'où la déception marquée à la Bourse de Londres : l'action a chuté mardi de 6,74% à 152 pence, après avoir, il est vrai, gagné près de 50% en trois mois. Merrill Lynch a d'ailleurs abaissé son opinion sur le titre, le jugeant correctement valorisé et adoptant une position neutre après en avoir recommandé l'achat. Et ce en dépit du net relèvement du dividende, porté à 1,5 pence par action contre 0,425 pence l'an dernier.Les résultats de l'exercice clos le 30 septembre correspondent aux attentes des analystes, le groupe ayant précisé ses prévisions il y a moins de six semaines. Son chiffre d'affaires annuel a progressé de 14%, à 551,7 millions de livres (864,3 millions d'euros), tandis que le nombre de clients a augmenté de 200.000, passant la barre symbolique des trois millions. Parmi ces nouveaux clients, 90% ont acquis des produits d'entrée de gamme, précise Sage, mais "un grand nombre de ces entreprises vont devenir des clients de moyenne gamme à qui nous pourrons vendre de nouveaux produits et services".Les filiales les plus récemment acquises affichent des performances contrastées : l'américain Interact, spécialisé dans les produits de gestion de la relation client (CRM), un segment sur lequel Sage mise gros, surprend agréablement avec une marge d'exploitation de 14% sur l'année, alors que son résultat opérationnel était tout juste à l'équilibre l'an dernier. En revanche, en France, l'intégration de Coala, petit éditeur spécialiste des produits destinés aux experts-comptables, n'a pas suffi à compenser le ralentissement de l'activité au second semestre de l'exercice, après le pic enregistré lors du passage à l'euro. Sur l'année, les ventes en France progressent néanmoins de 17%, le nombre de clients de 62.000.S'il a bien résisté à la baisse de l'investissement des entreprises en général et à celle des dépenses informatiques en particulier, Sage entend surtout, pour accélérer son développement, étendre la gamme de produits vendus à ses clients. Sans aller jusqu'à commercialiser des ERP (progiciels de gestion intégrée), le groupe revendique une stratégie de "best of breed" consistant à construire des gammes de modules spécifiques susceptibles d'être acquis l'un après l'autre par ses clients en fonction de leurs besoins. Mais cette stratégie se heurte aujourd'hui à la concurrence des "grands" éditeurs comme Microsoft ou SAP, pour qui les PME constituent de nouvelles cibles. SAP s'efforce ainsi de descendre en gamme, tandis que le géant américain, dans le cadre de sa stratégie ".Net", entend devenir un fournisseur indirect des PME, via les éditeurs et intégrateurs spécialisés. Ces derniers sont en effet mieux à même, selon Microsoft, de répondre à l'évolution de la demande des PME, qui s'oriente vers des produits de plus en plus "verticaux", c'est à dire intégrant les spécificités d'un métier particulier. C'est dans cette optique que le groupe intègre aujourd'hui les produits de l'éditeur danois Navision, racheté en mai dans la foulée de l'acquisition de l'américain Great Plains.

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