Nokia retrouve des couleurs

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Au lendemain du "profit warning" de Motorola, les perspectives encourageantes de Nokia suffiront-elles à rassurer industriels et investisseurs sur les perspectives de rebond du marché du mobile ? Elles ont en tout cas de quoi leur mettre du baume au coeur. Pour le troisième trimestre, le groupe finlandais affiche en effet des performances globalement conformes aux attentes du marché, et même légèrement meilleures qu'attendu en termes de bénéfice par action : celui-ci atteint 0,18 euro, alors que le groupe visait une fourchette de 0,15 à 0,17 euro. Le chiffre d'affaires, lui, a progressé de 2,5% par rapport à la même période de 2001 et de 4,2% par rapport au deuxième trimestre, à 7,224 milliards d'euros. Le résultat net avant impôts augmente de 16,6% sur un an à 1,245 milliard d'euros, tandis que la marge d'exploitation, à 16,9% reste en hausse par rapport à 2001 mais recule d'un trimestre sur l'autre : elle avait atteint 17,6% sur la période avril-juin.Alors qu'ils ont, depuis quelques mois, tiré un trait sur tout espoir d'amélioration dans la division Networks, qui regroupe les équipements de réseaux, les investisseurs devraient se réjouir des performances affichées par le groupe dans les combinés : le résultat d'exploitation de la branche a bondi de 25% au troisième trimestre par rapport à 2001, la marge atteignant 22,2%. Ses ventes, elles, ont augmenté de 7% alors que le chiffre d'affaires des équipements reculait dans les mêmes proportions.Le groupe retire ainsi les premiers bénéfices de son offensive marketing sur les combinés dotés d'écrans couleur et d'options multimédia (envoi et réception d'images de MMS, les messages multimédia destinés à succéder aux SMS). "Nous sommes plus que satisfaits par le décollage rapide de la messagerie multimédia, puisque plus de 50 opérateurs en Eurpe et en Asie offrent déjà des services MMS", souligne dans un communiqué Jorma Olilla, le PDG du groupe. Nokia peut donc afficher un regain d'optimisme, assurant que "le marché du combiné entame une nouvelle période de croissance, alimentée par l'arrivée en grand nombre et dans de gros volumes de produits dotés de la couleur et de fonctions multimédia". 400 millions de combinés vendus en 2002Au total, sur 2002, Nokia devrait avoir lancé une trentaine de nouveaux modèles. Et leur succès lui permet de réaffirmer sa prévision antérieure concernant les ventes mondiales de combinés en 2002, qui devraient selon lui atteindre les 400 millions d'unités, un chiffre symbolique auquel ne croient désormais plus ni Motorola, ni Ericsson, qui ont tous deux revu à la baisse leur prévision depuis cet été. "Toutes les réfions devraient afficher une croissance d'au moins 5%, emmenées par l'Asie-Pacifique et l'Europe, suivies par les Amériques". Pour le quatrième trimestre, période cruciale en raison du bond saisonnier des ventes durant les fêtes, Nokia table sur une hausse de 2 à 5% de son chiffre d'affaires, entre 8,9 et 9,2 milliards d'euros, essentiellement grâce aux combinés. Quant au résultat par action, il devrait se situer entre 0,23 et 0,25 euro. Tout en maintenant ses marges d'exploitation au niveau de celles du troisième trimestre, le groupe ne subira pas, sur les trois derniers mois de l'année, l'impact négatif de la dépréciation des créances sur MobilCom : celle-ci a amputé le bénéfice du troisième trimestre de 306 millions d'euros.Nokia confirme en outre avoir augmenté sa part du marché mondial des combinés au troisième trimestre, grâce à un bond de 17% de ses ventes unitaires, à 37 millions. Les positions prises à la concurrence en Europe et en Asie font donc mieux que compenser les pertes subies sur les marchés américains. La fin de l'année devrait en outre permettre à Nokia d'accentuer cette tendance, toujours grâce aux nouveaux modèles. Et de se rapprocher de son objectif à moyen terme : détenir 40% du marché mondial. L'horizon n'est cependant pas complètement rose : Nokia reconnait que ses positions solides sur le marché chinois, le premier du monde pour les combinés mobiles, s'érodent légèrement, et qu'il pourrait bien y avoir perdu des parts de marché. Confirmant ainsi à demi-mot les gains revendiqués mercredi par Motorola en Chine. Dans les réseaux, Nokia ne voit pour l'instant rien venir, son PDG estimant qu'aucun élément n'est susceptible, à court terme, de modifier le paysage du secteur. Autre point noir : Jorma Olilla se refuse désormais à toute prévision sur l'évolution de l'activité en 2003. En juillet, il tablait sur une croissance d'au moins 10% de l'activité du groupe. Il faudra attendre le mois de janvier pour disposer d'une estimation actualisée.En Bourse, les perspectives dessinées par Nokia ont néanmoins fait oublier aux investisseurs leurs inquiétudes sur le secteur : en clôture à Paris, l'action gagnait 10,65% à 16,63 euros, un niveau qu'elle n'avait pas retrouvé depuis le mois de mai. A Helsinki, le titre a terminé la journée sur un gain de 10,93% à 16,65 euros.

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