Les actionnaires de MobilCom reprennent espoir

En hausse de 199%, à 3,35 euros, en fin d'après-midi, après avoir bondi de 257% à l'ouverture, l'action MobilCom reprend des couleurs sur le Neuer Markt. Reflétant ainsi le regain de confiance des investisseurs, désespérés jeudi et vendredi par la décision de France Télécom de cesser tout financement de sa filiale allemande, mais rassérénés par l'annonce, hier soir, d'un plan de sauvetage soutenu par les pouvoirs publics.Le ministre de l'Economie du chancelier Schröder, Werner Müller, a présenté lui-même les modalités de ce plan dimanche soir, à l'issue d'une réunion de crise de sept heures tenue dans son ministère à Berlin. A six jours d'élections législatives plus ouvertes que jamais, le plan vise avant tout à éviter des licenciements massifs parmi les quelque 5.500 salariés de MobilCom. Dans un premier temps, pour éviter la cessation de paiement, 400 millions d'euros d'aides vont être apportés à MobilCom par deux banques publiques, dont celle du Schleswig-Holstein, le land où est installé le siège du groupe. Une première tranche de 50 millions devait être débloquée dès lundi. Ce ballon d'oxygène permettra certainement à MobilCom de "tenir" quelques semaines, mais il ne règle aucun problème à long terme. Le patron du groupe, Thorsten Grenz, a d'ailleurs reconnu que MobilCom allait devoir supprimer plusieurs centaines d'emplois. Et le groupe, s'il est parvenu à un accord de principe sur la renégociation de ses dettes à long terme, n'a pas réduit celles-ci, qui atteignent 6,7 milliards d'euros.Parallèlement, l'Etat allemand a adopté un ton sévère envers France Télécom. "MobilCom est une entreprise en bonne santé qui subit une crise de liquidités qui n'est pas de sa responsabilité mais qui survient en raison du retrait de France Télécom", a expliqué Werner Müller. Pour le ministre, l'opérateur français a "toujours des obligations" envers sa filiale à 28,5% et la validité des contrats entre les deux groupes "peut se plaider". En clair, le gouvernement fédéral pourrait soutenir toute action en justice intentée par MobilCom contre son actionnaire français. Mais l'escalade judiciaire n'est pas encore d'actualité. La chancellerie allemande précise ce matin que les discussions entre les deux Etats continuent, directement avec l'Elysée. Et Gerhard Schröder souligne même que la rupture entre MobilCom et France Télécom "n'est pas encore certaine". Gerhard Schmid, fondateur et premier actionnaire du groupe, joue lui aussi l'apaisement. Il a annoncé dimanche soir qu'il allait confier ses titres à des intermédiaires et qu'il renonçait à poursuivre directement le groupe français. Une volonté affichée de calmer le jeu qui doit sans doute beaucoup aux pressions des autorités régionales et fédérales, désireuses de ne pas voir s'envenimer un dossier déjà bien compliqué.

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