"Qui va décider des cessions ? "

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" La Tribune ". - Comment jugez-vous la création de ce groupe de travail interne au conseil sur le gouvernement d'entreprise ?Colette Neuville. - Les administrateurs reconnaissent de facto que le gouvernement d'entreprise n'a pas bien fonctionné, que VU doit faire son autocritique. Certes, mieux vaut tard que jamais, mais n'est-ce pas déjà bien tard ? Et cela justifie que l'on revienne sur la manière dont les décisions, notamment de cessions et d'acquisitions, ont été prises ces deux dernières années : ont-elles fait l'objet de véritables discussions au conseil, ce dernier a-t-il été vraiment consulté, quels documents lui ont été fournis ? C'est ce que je souhaiterais faire ressortir de l'expertise que j'ai l'intention de demander dès que possible au tribunal de Commerce de Paris.Qu'attendez-vous de ce groupe de travail ?Il faut espérer que ce ne sera pas du vent. Le gouvernement d'entreprise se mesure dans les faits, il ne s'agit pas de se réunir pour rédiger un rapport. La question est de savoir quel est le degré de contrôle du conseil sur le président et de celui-ci sur les dirigeants de chaque division : à qui réfèrent ces derniers et quel est leur pouvoir ? Jean-Marie Messier, qui est placé sous surveillance étroite, a-t-il encore un pouvoir d'initiative ou est-il maintenu dans ses fonctions pour éviter une plus grande déstabilisation de l'entreprise ? Et qui va décider des cessions, puisqu'il n'y a apparemment pas d'accord au sein du conseil sur ce qui doit être vendu et comment ? La priorité au désendettement revient à liquider des actifs pour payer ses banquiers, ce n'est guère glorieux. Cela ressemble plus à une liquidation qu'à une stratégie d'avenir, il n'y a pas de quoi susciter l'enthousiasme.Vous réjouissez-vous de la décision de ne pas convoquer de nouvelle assemblée ?Cette décision était attendue, elle est logique. La convocation d'une nouvelle assemblée générale dans le seul but d'approuver le plan de stock options rejeté lors de celle du 24 avril n'était pas nécessaire, et très inopportune, voire incongrue. VU a d'autres chats à fouetter. Une nouvelle AG constituait en outre un risque important de déstabilisation : un actionnaire pouvait proposer, comme ce fut le cas pour Lescure le 24 avril, la révocation de Jean-Marie Messier, voire des administrateurs. Sans être voté, ce type de résolution n'est pas de nature à rétablir la confiance du marché.

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