Vivendi, vidi, vici ?

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"J'ai sans doute péché par un excès ou une précipitation de communication", avait en substance reconnu Jean-Marie Messier lors de l'assemblée de Vivendi Universal mercredi. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Dès mercredi soir, après le rejet de la résolution sur la mise en place d'un vaste plan de stock options par les actionnaires, J2M persiste et signe : il faudra reconvoquer rapidement une assemblée sur ce point car le groupe a besoin de stock options pour attirer les talents. Deux jours plus tard, coup de théâtre ! Vivendi a été victime de piratage - un problème que le groupe connaît bien puisque sa filiale Universal Music y est confrontée tous les jours. L'assemblée de VU sera donc reconvoquée, le 3 juin, pour tout revoter : le même ordre du jour que le 24 avril. La faute au vote électronique. Pas le boîtier lui-même, mis hors de cause, mais de mystérieuses ondes radio qui avaient déjà obligé le directeur financier à écourter son discours. Après la manipulation de cours qui expliquerait l'effondrement de l'action Vivendi, voilà le géant mondial de la communication victime de sabotage. A se demander si J6M ou VU ne seraient pas victimes d'un vaste complot ? Pourtant, peu d'observateurs estimaient que Messier était perdant à la sortie de l'AG. Même ses adversaires trouvaient qu'il s'en était plutôt bien sorti, sans se départir de son calme et mettant tout le monde dans sa poche en annonçant qu'il allait réinvestir tout son bonus (3,4 millions d'euros au bas mot, soit plus du double de son salaire fixe) en actions VU. Mais J2M avait bien perdu une bataille et sa victoire n'était pas totale. Le rejet du plan de stock-options lui est resté en travers de la gorge. Et cette déclaration d'annulation de l'AG a de quoi semer le trouble, donnant l'impression que Messier détourne sur le plan juridique un problème qui l'embarrasse. Il y a peut-être eu des irrégularités mercredi, mais il n'est pas sûr que l'on puisse jamais en apporter la preuve... En attendant, ce coup de force pourrait raviver l'agacement des actionnaires et se révéler le coup de trop ...

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