Cegetel et Belgacom discutent d'un rapprochement

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Le nouveau PDG de Vivendi Universal, Jean-René Fourtou, n'a pas la tâche facile. Après avoir refusé l'offre de Vodafone sur la reprise de ses parts dans Cegetel, JFR, bel et bien décidé à rester dans la téléphonie mobile, s'emploie maintenant à trouver les financements nécessaires pour lancer une contre-offensive sur Cegetel. Alors que les banques font la moue, VU aurait peut-être trouvé un chevalier blanc... en Belgique. Selon diverses rumeurs de presse, Cegetel et Belgacom discuteraient actuellement d'un rapprochement. Les pourparlers, qui n'en sont qu'à un stade préliminaire, se tiennent à très haut niveau, selon un quotidien belge. Vivendi aurait ainsi trouvé un allié lui permettant de financer la reprise des 26% de BT Group dans Cegetel.Car VU a un besoin urgent d'argent frais s'il veut rester dans les télécoms. Le géant des médias français, qui détient 44% de Cegetel, doit débourser au moins 4 milliards d'euros pour dépasser la barre fatidique des 50% et accéder au cash-flow de l'opérateur mobile. La vente de Vivendi Universal Publishing n'a rapporté que 3 milliards d'euros, la somme que VU espérait mais qui s'avère donc insuffisante. En parallèle, le groupe de médias est allé frappé à la porte des banques. Mais devant l'endettement du groupe - 17 milliards d'euros -, les négociations ne semblent pas évidentes, et certaines comme la Société Générale ne seraient pas d'accord pour refinancer le groupe.La solution Belgacom viendrait donc à point nommé. Actuellement détenu à 50,1% par l'Etat belge, le reste appartenant à l'américain SBC (qui possède par ailleurs 15% de Cegetel), Singapore Telecommunications et au danois TDC, l'opérateur jouit d'une situation financière saine. Il n'est pas endetté et dispose d'une réserve de cash de quelques centaines de millions d'euros. Par ailleurs, il cherche depuis longtemps à sortir de ses frontières, après avoir cédé ses actifs français et hollandais.Il faut dire que Cegetel est un actif précieux pour le groupe. Et Jean-René Fourtou tient à en faire la démonstration en public. Dans une réunion d'analystes, Cegetel a affirmé ce mardi viser une hausse supérieure à 30% de son résultat brut d'exploitation (Ebitda) en 2002, contre 24% jusque là. Il espère aussi une progression de 9% de son chiffre d'affaires en 2002, dont 8% pour SFR et 20% pour Cegetel. L'opérateur entend dégager un free cash-flow opérationnel en hausse de 15% en 2002 par rapport à 1,141 milliard d'euros de 2001. Si la présentation de Cegetel devant les analystes a pour but de justifier l'importance aux yeux de Vivendi de sa présence dans la capital de l'opérateur, et de séduire les investisseurs, elle a aussi pour objectif d'assurer les arrières de VU. Car, au cas où Vivendi ne trouverait pas les fonds nécessaires, le désengagement de Cegetel serait inéluctable. A condition de faire monter les enchères. Selon Le Figaro, le remplaçant de Jean-Marie Messier serait prêt à étudier une nouvelle offre, correspondant à l'évaluation des actifs de Cegetel faite par les banques, soit entre 9 et 11 milliards d'euros pour les 44% de VU. En dessous de 9 milliards d'euros, VU ne serait pas prêt à négocier, affirme le quotidien. En présentant les alléchantes perspectives de Cegetel, JFR tenterait-il de forcer la main de Chris Gent? Le PDG de Vodafone avait proposé 6,77 milliards d'euros pour les 44% de VU. Devant le refus du groupe de médias, il avait affirmé ne pas avoir l'intention de surenchérir. Problème de taille : même s'il revenait sur sa parole, il lui faudrait aussi relever le montant des rachats des minoritaires, SBC et BT Group, portant la facture totale pour la montée dans Cegetel à 17,4 milliards d'euros, contre 13.A Paris, le titre VU termine la séance sur une hausse de 8,53% à 13,10 euros.

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