Dassault Systèmes ne parvient pas à rassurer

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Premier trimestre attendu en demi-teinte, maintien de prévisions basées sur un environnement déprimé ou repli du Nasdaq lundi soir: dans un premier temps, l'incertitude s'est installée concernant les raisons de la chute du titre Dassault Systèmes. Car en dépit de résultats et de perspectives en ligne avec les attentes, l'action a plongé tout au long de la journée pour finalement perdre 7,93% à 49,72 euros.En fait il semble que ce soit en premier lieu les perspectives pour le trimestre en cours qui suscitent quelques inquiétudes. Le groupe a dit attendre un chiffre d'affaires compris entre 180 et 185 millions d'euros à fin mars, soit une croissance de 9 à 12%. Or, ces chiffres sont inférieurs aux 18% obtenus sur l'exercice passé et aux 15% du quatrième trimestre 2001. Surtout ce chiffre d'affaires montrerait une baisse séquentielle moyenne (d'un trimestre à l'autre) de 19%.A cela s'ajoute le niveau de ventes jugé décevant dans la division PDM (gestion des données produits), incluant le logiciel Enovia. Ce produit "était censé être la grosse affaire pour Dassault l'an prochain mais les ventes de PDM n'ont augmenté que de 16% sur le dernier trimestre 2001 alors que le marché tablait sur 30%", remarque un courtier parisien cité par l'AFP qui ajoute: "si l'on examine tout l'exercice, la croissance pour le chiffre d'affaires de PDM s'est établie à 72% au premier trimestre, puis 62% au deuxième trimestre et est tombée à 34% au troisième trimestre, donc cela ne semble pas très bon." Un déception qui, pour plusieurs analystes, suffit à remettre en cause le récent parcours du titre, revenu à ses niveaux de mai dernier.Enfin, le groupe n'a pu apporter de précisions sur la participation de l'Etat. "Si vous demandez ce que l'Etat va faire, je ne sais pas", a indiqué Bernard Charlès, directeur général du groupe, au cours d'une conférence de presse. L'Etat français détient actuellement 15,6% de la société et avait précisé l'an dernier qu'il cèderait cette participation lorsque les conditions de marché seraient appropriées. Un élément qui là encore est en mesure de peser sur le titre, même si une telle opération ne devrait pas intervenir avant les élections présidentielles.Néanmoins la sanction du marché peut apparaître sévère car, d'une manière générale, Dassault Systèmes aura finalement été épargné par la crise. "Dassault Systèmes a prouvé qu'il pouvait résister dans un contexte de marché difficile", écrivait ce matin Aurel-Leven. L'éditeur de logiciel a en effet publié mardi matin des résultats annuels dans la ligne des attentes. Conformément aux indications données en octobre dernier, son chiffre d'affaire 2001 s'est établi à 746,1 millions d'euros, en hausse de 18% par rapport aux 632 millions comptabilisés en 2000.Contrairement à beaucoup de sociétés, Dassault Systèmes n'a pas multiplié les avertissements l'an passé, se contentant simplement au mois d'octobre de limiter ses ambitions en termes d'activité pour le quatrième trimestre. Il en était ressorti l'objectif de croissance annuelle de 18% au lieu d'une fourchette de 18-18,6% initialement prévue. Dans le communiqué du groupe, Thibault de Tersant, le directeur financier, qualifie d'ailleurs de "bonne résistance à un environnement économique déprimé" l'activité de Dassault Systèmes dont l'objectif de ventes était de 750 millions d'euros il y a un an.Le bénéfice net du groupe a enregistré une baisse de 14% sur l'année, à 88,7 millions d'euros, contre 103,7 millions d'euros un an plus tôt. Quant à l'indicateur de référence du groupe, le résultat d'exploitation avant coûts d'acquisitions, il s'est élevé à 81,1 millions d'euros pour le quatrième trimestre, soit 36% du chiffre d'affaires. Sur l'exercice entier, il a atteint 221 millions d'euros, soit 30% du chiffre d'affaires, comme Dassault Système l'avait anticipé.Au-delà des chiffres de 2001 qui ne suscitaient pas d'inquiétude particulière, c'est surtout sur ses perspectives pour l'année en cours que le groupe était attendu. Car ces derniers jours, certains analystes n'excluaient pas un avertissement, les secteurs automobile et aéronautique, principaux clients de Dassault Systèmes, ayant dans leur ensemble décidé de réduire leurs investissements pour faire face au ralentissement.Mais là encore, et malgré les quelques inquiétudes sur le premier trimestre, Dassault Systèmes n'est pas allé à l'encontre de ses pronostics. Le fabricant de logiciels a annoncé qu'il attendait toujours une hausse d'environ 15% du chiffre d'affaires et une marge opérationnelle avant coûts d'acquisition à 30%. Il est vrai que le groupe avait délivré ces prévisions "dans l'hypothèse d'un environnement qui resterait déprimé tout au long de l'année."latribune.f

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