La veuve Springer renforce son pouvoir dans Axel Springer

Le jeu de passe-passe autour des parts du groupe Springer qui appartenaient à Leo Kirch, se poursuit. Friede Springer, veuve d'Axel Springer, a annoncé le rachat de 10,4% du premier groupe d'édition allemand, auprès de la Deutsche Bank, qui a confirmé l'information. Hier, la première banque du pays avait repris les 40% de l'éditeur qui appartenaient à Leo Kirch, empire des médias mis en faillite, pour 667,3 millions d'euros. Mais l'opération doit simplement permettre à la banque de rembourser un prêt garanti par ces titres, qu'elle compte donc céder dès que possible.Désormais, Friede Springer, a largement le contrôle du groupe. Elle possédait en effet déjà 90% d'Axel Springer Publicité, une société dont les autres actionnaires sont les deux petits-enfants d'Axel Springer et qui détient 50% plus dix actions de l'éditeur du quotidien Bild Zeitung. Ne démentant pas sa réputation, la veuve montre là sa volonté de renforcer son pouvoir sur le groupe. D'autant que ce dernier suscite en Allemagne de nombreuses convoitises. La Deutsche Bank, qui s'est déclarée ouverte à toutes les propositions de rachat sur ses actions, a déjà reçu des offres. Depuis longtemps sur les rangs, l'éditeur suisse Ringier s'est déclaré prêt à monter à plus de 30% dans la société avant la fin de l'année. Mais l'opération doit faire l'objet d'un accord entre "les deux groupes", a rappelé Ringier. En renforçant son contrôle d'Axel Springer, Friede élargit donc son pouvoir de négociation avec le groupe suisse. Il faut dire que la veuve possède un droit de veto dont elle peut faire usage à tout moment. Elle s'en était d'ailleurs servi en s'opposant au rachat des 40% de Kirch par le groupe de presse régionale WAZ.Le groupe Axel Springer a de quoi attiser les appétits. Premier éditeur de presse allemand, il possède des fleurons tels que le quotidien Bild, tiré à 4 millions d'exemplaires, ou encore le Die Welt. Il est également propriétaire de plusieurs quotidiens régionaux, d'une quinzaine de magazines et de titres à l'international. En France, il édite Télé Magazine et le féminin Bien dans ma vie. Au premier semestre, le groupe a vu son chiffre d'affaires reculer de 4,2%, à 1,368 milliard d'euros. Mais grâce à des mesures d'économies adoptées en début d'année, il s'est maintenu dans le vert et a généré un bénéfice net de 72 millions d'euros.Dame de fer de la presse allemande - C'est un bien étrange destin qu'a connu Friede Springer âgée de 59 ans. Fille de jardinier, rien ne la destinait à de telles fonctions, sauf une rencontre fortuite. Dans les années 70, elle fait la connaissance d'Axel Caeser Springer, qui a fondé son groupe de presse en 1949. En 1978, l'homme de trente ans son ainé lui demande sa main. Mais une simple compagne ne lui suffit pas. Il cherche aussi un successeur. A peine re-marié, Axel fait entrer Friede dans son groupe comme secrétaire et la forme aux plus hautes fonctions. A sa mort en 1985, elle est chargée de faire exécuter son testament. Deux héritiers d'Axel et Leo Kirch qui détient déjà 10% des parts lui mettent des bâtons dans les roues. Surtout le magnat des médias allemand qui tente de s'imposer au tour de table. Après des années de lutte, elle réussit au milieu des années 1990 à prendre le contrôle du groupe via Axel Springer Publicité. S'entourant d'hommes de confiance, elle s'impose peu à peu à la tête de la société. Aujourd'hui, elle vient de gagner une nouvelle bataille.

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