Les éditeurs de jeux vidéo menacés par la multiplication des titres

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L'industrie du jeu vidéo a beau avoir de très beaux jours devant elle depuis la sortie des consoles nouvelles génération, la Xbox, la GameCube et avant elles la PS2, tous ses intervenants n'en profitent pas de la même manière, et notamment chez les éditeurs de jeux. L'Américain Activision vient encore d'en apporter la preuve.La saison des fêtes n'est visiblement pas au rendez-vous pour l'éditeur de Minority Report et de X-Men. Deux semaines après Thanksgiving, Activision a prévenu les marchés que son chiffre d'affaires du troisième trimestre (clos fin décembre) ne dépasserait pas 362 millions de dollars, bien en dessous des 419,9 millions dollars du consensus de Wall Street. Le résultat net est désormais attendu à 60 cents par titre, soit 25 cents de moins que les prévisions des analystes. Et le début de l'année prochaine ne s'annonce pas sous de meilleures auspices. Activision ne prévoit plus que 100 millions de dollars de chiffre d'affaires trimestriel, contre 140 millions selon Wall Street, et anticipe une perte de 15 cents par titre, alors que le marché prévoyait un bénéfice de 2 cents par action. Sur l'ensemble de l'exercice 2002-2003 (clos fin mars), Activision devrait publier un bénéfice de 88 cents par titre, soit un tiers de moins que ses prévisions initiales.Selon ses propres aveux, Activision pâtit directement de la politique des distributeurs. Tout d'abord, ces derniers tiennent à limiter leur niveau de stocks alors que l'arrivée des nouvelles consoles a entraîné la multiplication des titres disponibles sur le marché. "Il en résulte une politique de commandes très conservatrice de la part des distributeurs qui s'est poursuivie par une baisse du nombre de jeux commandés, même pour les titres les mieux vendus", indique Activision. Autre difficulté rencontrée par les éditeurs: se faire une place sur les étagères des magasins, qui ne sont évidemment pas extensibles à l'infini. Alors que l'offre s'accroît, la demande se concentre sur un nombre de titres toujours plus étroit, se lamente Activision dans un communiqué, qui vante pourtant posséder des titres dans le palmarès des jeux les mieux vendus. Les éditeurs sont donc très dépendants du succès d'un nombre de titres limité, donc d'un blockbuster s'ils ont la chance d'en avoir un. Ainsi, Take-Two Interactive, un autre éditeur, a publié mardi dernier des résultats meilleurs que prévu et a relevé ses prévisions à la hausse. Principale raison évoquée: le succès de "Grand Theft Auto: Vice City". L'éditeur a pris le pas par la même occasion sur Activision, en devenant numéro 2 du marché américain en termes de revenus annuels.La politique des distributeurs ne récompense donc pas de la même manière les éditeurs. En octobre dernier, THQ révisait également drastiquement ses prévisions 2003, évoquant l'environnement économique incertain. Une explication que ne partageaient pas les analystes. "Je pense que les grands détaillants rationalisent leur stratégie pour se concentrer sur la distribution des 50 plus gros titres d'un seul coup", précisait déjà un analyste de Wedbush Morgan, qui expliquait que 200 titres en moyenne se trouvaient sur les étagères des magasins, un espace trop étroit pour mettre tous les catalogues en valeur. Acclaim, au catalogue trop peu attractif au regard des analystes, disait souffrir des mêmes maux. Et ce tandis que le numéro 1 mondial, Electronic Arts, notamment éditeur de Harry Potter, s'octroie la part du lion.A New York, Activision perd 21,04% à 12,42 dollars à la mi-séance. A Paris, l'avertissement de l'éditeur américain vaut une bellle chute à Ubi Soft, qui perd 14,40% en fin de séance tandis qu'Infogrames recule de 4,23%.

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