Sévère "profit warning" pour Motorola

Le répit aura été de courte durée pour Motorola. L'équipementier télécoms américain, qui a publié mardi soir après la clôture de Wall Street des résultats supérieurs aux attentes, a préféré attendre la conférence téléphonique de mercredi matin, heure locale, pour confirmer de vive voix ce que craignaient déjà les analystes (lire ci-contre) : le groupe a confirmé qu'il ne pourrait tenir ses objectifs, ni au quatrième trimestre de cette année, ni en 2003, en raison de la contraction de la demande dans les télécoms. Pour le quatrième trimestre, le bénéfice net (calculé selon les normes GAAP qui incluent une charge de restructuration de 200 millions de dollars), devrait se limiter à 4 cents par action, contre 10 cents anticipés jusqu'à présent. Le résultat hors éléments exceptionnels est attendu à 10 cents par titre, en dessous de la précédente prévision qui était de 14 cents par action. Les ventes ont été revues en baisse de 5,3% à 7,1 milliards de dollars. Sur l'année 2003, le chiffre d'affaires devrait atteindre 27,5 milliards de dollars, contre une première prévision de 29 milliards, tandis que le bénéfice ne devrait pas dépasser 40 cents par titre, un chiffre inférieur de 11% aux 45 cents par action d'abord estimés. Aucun segment du marché n'échappe à la crise, constate Motorola. Si le groupe revoit ses prévisions à la baisse, c'est en raison de l'érosion de la demande dans les infrastructures pour réseaux mobiles et haut-débit ainsi que dans les semi-conducteurs. Les combinés mobiles n'échappent évidemment pas à la morosité. Selon l'équipementier, 390 millions de portables seulement seront écoulés dans le monde en 2002, soit 10 millions de moins que prévu. Le groupe rejoint ainsi Ericsson, premier équipementier à avoir prédit en juillet dernier des ventes mondiales inférieures à 400 millions d'exemplaires cette année. Sur les marchés, la réponse ne s'est pas faite attendre. Motorola chutait de 21,19% en milieu de journée, à 7,96 dollars, retombant à un niveau jamais atteint depuis plus de dix ans.Pourtant, après six trimestres en perte, Motorola était enfin revenu dans le vert, grâce à des efforts drastiques de restructuration. Au troisième trimestre, le bénéfice net a atteint 111 millions de dollars, soit 5 cents par action, contre une perte de 1,4 milliard de dollars (64 cents par action) l'an passé. Le résultat est également supérieur aux prévisions du groupe (2 cents par action). Une performance notable dans la mesure où les ventes, sous la pression de la conjoncture, ont baissé sur la période de 13,5% en un an à 6,4 milliards de dollars, en dessous des 6,7 milliards de dollars attendus par l'entreprise. Les activités de téléphonie mobile et de semi-conducteurs ont particulièrement bénéficié de la baisse des coûts. Dans les portables, les ventes sont ressorties à 2,6 milliards de dollars, en baisse de 2% sur un an. Motorola a écoulé 17 millions de combinés au troisième trimestre, en hausse de 8% sur un an mais, en dessous des 18 millions espérés. En revanche, le résultat d'exploitation a atteint 233 millions de dollars, contre 51 millions de dollars l'an passé.La branche semi-conducteurs (SPS) n'est pas en reste. Le résultat d'exploitation est ressorti à 13 millions de dollars, contre une perte de 311 millions de dollars il y a un an. Quant aux ventes, elles ont augmenté de 13% à 1,2 milliard de dollars. Motorola souligne dans un communiqué que les trois sous-divisions de cette branche - haut-débit et sans fil, réseaux et informatique, transports de données - ont enregistré une croissance à deux chiffres sur le troisième trimestre. Cette branche ferait d'ailleurs l'objet de discussions avec le fabricant franco-italien de composants STMicroelectronics, selon le Financial Times, qui cite des sources proches du dossier. STMicro négocierait le rachat de cette activité afin de créer le second producteur mondial de puces derrière Intel. STMicro dément pour l'instant l'information, tandis que Motorola se refuse à tout commentaire. Selon le quotidien britannique, un tel rapprochement créerait un groupe fort d'un chiffre d'affaires de 11 milliards de dollars, contre 26,5 milliards de dollars pour Intel l'an dernier.Si les négociations aboutissent, l'accord pourrait être signé dès le début de l'année prochaine, assurent les hauts dirigeants cités par le quotidien. Les rumeurs vont bon train sur Motorola. Début octobre, le même Financial Times annonçait des discussions entre Siemens et le groupe américain. Selon le journal, les deux groupes envisageaient d'échanger la branche de combinés mobiles de Siemens contre l'activité d'équipements de réseaux mobiles de Motorola.

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