La crème de la crème

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Inutile de présenter la crème Nivea, la petite boîte de pommade bleue marine qui vient de fêter ses quatre-vingt dix ans. Moins connu est son propriétaire, le groupe allemand Beiersdorf, certes trois fois moins gros que notre champion L'Oréal en termes de chiffre d'affaires, et cinq fois plus petit en capitalisation boursière, mais tout de même bien placé dans le marché des soins et des cosmétiques avec ses autres marques comme les baumes pour les lèvres Labello, la marque de soins anti-âge haut de gamme La Prairie, les pansements Hansaplast, etc.. Un peu affecté ces derniers mois par le ralentissement économique, Beiersdorf n'en a pas moins le vent en poupe depuis une décennie et taille des croupières à L'Oréal et consorts en Europe et aux Etats-Unis. Et la petite marque qui monte des cosmétiques, restée longtemps à l'abri des regards des prédateurs potentiels par un capital verrouillé, s'est muée, en quelques mois, en proie véritable. Parce qu'Allianz, l'assureur allemand, ne fait pas mystère de son envie de solder les 44% qu'il détient dans Beiersdorf, à la condition sine qua non que la coquette plus-value à la clef ne soit pas taxée. Mais la loi de défiscalisation est sur la sellette, ce qui pousse Allianz à accélérer le rythme des négociations. On disait L'Oréal sur les rangs, puis le holding allemand Tchibo était donné grand favori : ce conglomérat familial, à la tête d'une cagnotte de près de 6 milliards d'euros, est en effet déjà actionnaire de Beiersdorf (30%) et a publiquement manifesté son appétit pour la participation d'Allianz. Mais aux dernières nouvelles c'est l'américain Procter & Gamble qui tiendrait la corde. Le yankee, plus connu du grand public pour sa lessive Ariel et ses couches Pampers que pour ses décolorants Clairol, sa crème Oil of Olay ou ses rouges à lèvres Cover Girl, est bien décidé à venir chasse sur les terres de L'Oréal. Au point que Procter discuterait même avec Tchibo pour s'assurer de remporter le groupe au précieux onguent, qui ne pèse pas moins de 9 milliards d'euros en Bourse. Mais les emplettes dans le secteur se font en moyenne sur la base d'environ deux fois et demie le chiffre d'affaires, ce qui valoriserait Beiersdorf plus de 11 milliards ! De quoi mettre du baume au coeur de ses actionnaires...

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