La reprise de Cegetel par VU rassure le marché

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Ce matin, les investisseurs ne savaient tout d'abord pas sur quel pied danser, au lendemain de l'annonce de la reprise de Cegetel par Vivendi, tant certaines interrogations sur la stratégie et sur l'avenir du groupe étaient restées intactes. Après avoir ouvert en baisse de 1,22%, le titre est donc descendu jusqu'à -3,85% une demi-heure seulement après l'ouverture. Mais les déclarations de Jean-René Fourtou au Figaro, celles de Jacques Espinasse, le nouveau directeur financier du groupe, et l'opinion rendue par S&P ont finalement rassuré. Le titre est rapidement revenu dans le vert, pour s'octroyer jusqu'à 7% en séance et terminer sur une hausse 2,88% à 16,05 euros en fin de journée.Première élément de réponse: les réactions des observateurs. L'agence de notation S&P considère que la reprise de Cegetel sera positive pour la note de la dette du groupe. Selon l'agence, une grande partie du rachat des 26% de BT Group a été bien financée d'une part par la cession des actions Vivendi Environnement pour 1,8 milliard d'euros et d'autre part par l'émission des ORA pour 770 millions d'euros. Etant donné que la transaction ne sera pas effective avant l'an prochain, la situation à court terme du groupe reste donc très solide, souligne l'agence.Par ailleurs, certains analystes estiment que VU s'est donné les moyens de consolider à bon prix une société de téléphonie génératrice de cash-flows. Cette opération se traduit par "un renforcement à bon prix dans Cegetel, avec une valorisation de l'opérateur à 100% à 15,4 milliards d'euros, contre une valorisation supérieure à 20 milliards d'euros par la méthode DCF (actualisation des cash-flows)", écrit CIC Securities, qui voit là "une opportunité" pour VU.Deuxième élément: le groupe va désormais de concentrer sur l'amélioration du résultat net et des cash-flows, a assuré Jacques Espinasse. Des objectifs qui pourront être atteints notamment grâce aux résultats de Cegetel. Banni donc l'Ebitda, jugé trop partial, pour mesurer la performance de l'entreprise et retour aux bonnes vieilles recettes.Stratégie globalePour autant, la stratégie future du groupe ne s'est pas totalement éclaircie. Dans un interview au Figaro, Jean-René Fourtou a tenté de donner des éléments de réponses en affirmant son intention de créer un "groupe d'entertainment" et non pas de "démanteler Vivendi Universal".Lors d'une conférence avec les analystes, Jean-René Fourtou a fait état de son intention de réduire les coûts au sein de ses activités américaines, dans l'hypothèse d'une mise sur le marché de cette entité. "Nous pensons qu'il y a plusieurs possibilités de réduire les coûts, en particulier à Hollywood", a déclaré le président. En accueillant de nouveaux partenaires pour VUE, qui coiffe USA Networks, les parcs de loisirs, les chaînes câblées et Universal Music, VU pourrait ainsi accélérer son désendettement. VU s'est dit prêt à étudier toutes les offres qui lui seront faites. Et ce même s'il a dernièrement refusé l'offre de Marvin Davis sur ses actifs américains pour 15 milliards de dollars plus 5 milliards de reprise de dette. Les deux hommes pourraient d'ailleurs en reparler en janvier. Mais Jean-René Fourtou est finalement resté évasif sur ses intentions précises pour l'avenir dans la téléphonie, se contentant de souligner la profitabilité opérationnelle de Cegetel et de SFR. Or, tant que le groupe n'aura pas choisi clairement entre les métiers de la téléphonie et des médias, deux activités qui en dépit de l'ensemble des discours sur la convergence n'ont jamais donné la preuve de leurs synergies, l'orientation stratégique restera floue. Certains, comme Aurel Leven, parient sur l'intention de VU de sortir de la téléphonie. VU n'aurait en fait repris Cegetel que pour mieux le revendre. "VU pourrait envisager de céder Cegetel une fois que l'Entertainment dégagera assez de cash-flows libres et que la dette sera absorbée", commente Aurel Leven. "On peut encore tout imaginer, comme par exemple le fait qu'ils rachètent la part de BT à un prix peu élevé pour revendre les 70% de Cegetel qu'ils détiennent plus cher, d'autant qu'il faudra prendre en compte une prime de contrôle", explique un autre analyste cité par l'AFP.

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