JP Morgan Chase s'attend à une forte baisse de sa rentabilité

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Les banques américaines n'ont décidément pas fini de subir les conséquences de l'éclatement de la bulle boursière, de la multiplication des faillites et des scandales financiers, ainsi que de l'effondrement récent des marchés qu'ils ont provoqué. Empêtrés dans les rebondissements judiciaires des faillites retentissantes de ces derniers mois (lire ci-contre), les grands noms du secteur doivent aussi faire face aux conséquences financières de leurs déboires. Ainsi JP Morgan Chase vient-il d'annoncer que ses résultats du troisième trimestre seront "très inférieurs" à ceux du deuxième. Pour la période avril-juin, le groupe avait publié un résultat par action de 58 cents. La baisse désormais officielle pour juillet-septembre est le résultat de la baisse de l'activité de trading, directement liée à celle des marchés financiers. Mais le groupe subit aussi le contrecoup des graves difficultés des secteurs des télécoms et du câble : contraint à des dépréciations et à des provisions de plus en plus lourdes pour couvrir les risques de défaillance des emprunteurs, il devrait accuser une perte trimestrielle de 1,4 milliard de dollars sur son portefeuille de prêts aux entreprises, contre 302 millions au deuxième. Le montant des crédits "non performants", c'est à dire présentant des risques importants de non recouvrements, devrait en outre s'accroître d'un milliard de dollars (ils atteignaient 4,38 milliards fin juin, dont 1,13 milliard liés au dossier Enron). Les télécoms et le câble sont pour l'instant les seuls secteurs concernés, souligne JP Morgan Chase, puisque "la qualité de crédit du reste du portefeuille n'a pas changé significativement depuis le 31 décembre". Fin juillet, après la faillite de WorldCom, le deuxième banquier américain se voulait pourtant rassurant, en soulignant que ses engagements sur WorldCom étaient faibles et peu substantiels, en dehors de son activité de "trustee" pour le compte d'autres investisseurs. Les revenus de transactions, eux, ont très fortement chuté : ils n'ont représenté que 100 millions de dollars environ sur juillet-août, contre 1,1, milliard sur l'ensemble du deuxième trimestre. Et ce dernier chiffre était déjà en baisse de 30% sur le trimestre précédent et sur la période équivalente de 2001. Le recul actuel, reconnaît le numéro deux américain, n'est pas seulement imputable à des phénomènes saisonniers. "Nous avions de mauvaises positions sur des marchés difficiles", a résumé la directrice financière du groupe, Dina Dublon, au cours d'une conférence téléphonique.Ce profit warning, qui a conduit Standard & Poor's et Fitch à abaisser immédiatement leurs notes sur la dette du groupe, suscite l'inquiétude à Wall Street : en cours de séance, l'action perdait plus de 11%, aux environs de 19 dollars.Dans une tribune publiée par le Wall Street Journal, le PDG de JP Morgan Chase, William B. Harrison, dénonce les tentatives de faire des banques les boucs émissaires des récents scandales financiers. "Après chaque bulle, commence une chasse aux boucs émissaires", dénonce-t-il. Or, à ses yeux, "la principale raison des faillites d'Enron, WorldCom et Adelphia est une fraude pure et simple". Pour lui, les banques commerciales n'étaient impliquées dans des opérations frauduleuses que comme "des prêteurs et investisseurs passifs qui ont perdu de l'argent comme les autres investisseurs".

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