Commerzbank va réduire un peu plus la voilure

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L'hémorragie se poursuit au sein des effectifs de Commerzbank. Alors que la quatrième banque privée allemande comptait près de 40.400 salariés à la fin du mois de septembre 2001, ils étaient 3.215 de moins un an plus tard. Mais le groupe, qui vient d'afficher une perte trimestrielle avant impôts de 133 millions d'euros, poursuit ses coupes claires. Commerzbank ne chiffre pas le nombre total de postes qui seront supprimés, indiquant seulement qu'un bilan sera fait au printemps prochain mais l'établissement n'exclut pas de supprimer jusqu'à 3.000 emplois d'ici deux ans.En raison d'une rentabilité dégradée, la banque doit tailler dans ses frais de personnel - ils ont déjà été réduits de plus de 10% en un an - avec des initiatives qui toucheront toutes les activités de l'établissement, le siège, les filiales et les succursales à l'étranger, mais surtout la banque d'investissement. Ce métier va particulièrement souffrir puisque Commerzbank a décidé de mettre un terme à son activité dans ce domaine à New York, Prague, Singapour et Tokyo. Ailleurs, comme à Londres ou à Francfort, il sera procédé à des réductions de postes. Au total, dans cette seule activité, ce sont 25% des effectifs qui seront supprimés, ce qui représente plus de 300 emplois. La banque s'est fixé comme objectif de faire passer ses coûts de fonctionnement sous la barre des 5,5 milliards d'euros cette année. Sur neuf mois, ils se sont établis à 3,9 milliards d'euros dont 2 milliards de frais de personnel.Sur le plan comptable, Commerzbank, à l'instar de ses consoeurs Deutsche Bank et HypoVereinsbank, traverse une mauvaise passe. Ses résultats sont notamment affectés par une augmentation de 80% de ses provisions pour risques de crédit. Elles se montent à 436 millions d'euros pour le troisième trimestre de cette année (soit 998 millions d'euros sur neuf mois). Les économistes estiment qu'en Allemagne on pourrait assister à plus de 40.000 faillites cette année, et encore le même nombre l'année prochaine. Afin de pallier à ses difficultés - nées du ralentissement de l'activité économique et de la chute des marchés d'actions - Commerzbank tablait sur des produits de cession. En vain. Certes, la banque a réussi à vendre pour plus de 700 millions d'euros sa filiale spécialisée dans les prêts hypothécaires Rheinyp mais pour l'instant elle a échoué dans ses projets de céder sa filiale américaine Montgomery Asset Management et la société britannique Jupiter International. Pour ce qui est du premier cas, Commerzbank annonce espérer conclure des discussions avant la fin de l'année mais elle renonce à vendre Jupiter en raison de la faiblesse des prix qui lui ont été proposés.Pour l'ensemble de l'année, le groupe ne se risque pas à faire de pronostic, jugeant qu'il ne serait pas "raisonnable" de se lancer dans ce genre d'exercice, étant donnée la "volatilité des marchés". A Francfort en début de soirée, l'action Commerzbank gagnait 2,15% à 7,14 euros, ramenant ses pertes sous la barre des 60% depuis le début de l'année.Vers une union entre Comdirect et DAB Bank ? Un rapprochement entre les deux courtiers en ligne, détenus respectivement par Commerzbank et HypoVereinsbank (HVB), ne paraît plus impossible aux yeux des dirigeants de Commerzbank. Si HVB ne fait pas mystère de son intention de se désengager, partiellement ou totalement de sa filiale, Commerzbank a toujours jusqu'ici démenti toutes les rumeurs de rapprochement. Aujourd'hui, changement de ton. Le Pdg de Commerzbank, Klaus-Peter Mueller, interrogé sur une éventuelle alliance entre les deux banques en ligne, a eu cette énigmatique formule : "c'est comme de danser. Si les autres partenaires veulent danser, alors nous déciderons de faire quelque chose." Et d'ajouter, "je pense que ce secteur en général est prêt pour une consolidation", en indiquant que "des discussions ont lieu, mais il est trop tôt pour en parler".

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