3i souffre mais veut saisir les opportunités

Secoué mais pas dévié de sa route, 3i, le leader européen du secteur du capital-risque, entend bien poursuivre sa politique d'investissements sélectifs, malgré la dévalorisation de ses participations. Le groupe britannique, qui a publié ce matin des résultats semestriels où le rouge domine nettement, souligne que ses performances sont bien supérieures à celles du marché boursier, et réaffirme sa volonté de renforcer ses positions, y compris dans des secteurs en difficulté. Sur les six premiers mois de l'exercice 2002-2003, 3i a enregistré un retour total sur investissement négatif de 570 millions de livres (904,8 milions d'euros), soit un taux négatif de 14,4%. Une performance peu glorieuse en soi, mais qui reste, de loin, meilleure que celle du marché, souligne son directeur financier, Brian Larcombe. Sur les six derniers mois, l'indice phare londonien, le Footsie, a en effet chuté de 28%, l'indice européen MSCI Europe de 34%, rappelle-t-il.Les principales causes de la dévalorisation du portefeuille du groupe ont bien entendu été la baisse des marchés boursiers, qui entraîne celle des ratios cours/bénéfices utilisés pour valoriser les participations non cotées, et les provisions, qui ont encore atteint 141 millions de livres sur le semestre. Entre le 1er avril et le 30 septembre, les cessions réalisées par 3i ont atteint 619 millions de livres, générant 118 millions de plus-values. Principale opération : la vente de la participation dans la compagnie aérienne à bas coûts Go, pour 144 millions de livres.Les investissements, eux, ont atteint 393 millions de livres, soit 35% de moins que sur la même période de l'an dernier, permettant néanmoins au groupe de maintenir sa part du marché européen autour de 10%. "Durant les six derniers mois, il y a eu moins d'opportunités d'investissements et les transactions ont généralement mis plus longtemps à se conclure", souligne le groupe. Les investissements d'"early stage" dans des sociétés de haute technologie ont encore représenté 24% de l'activité, contre 45% pour les buy-outs. Bien placé pour constater les difficultés actuelles - faiblesse des marchés de capitaux, raréfaction des fusions-acquisitions, quasi-disparition des introductions en Bourse - 3i affiche malgré tout son volontarisme : "nous pensons que l'investissement renouera avec la croissance et nous sommes encouragés par la récente hausse des opportunités d'investissements à des prix que nous jugeons attractifs", souligne le communiqué du groupe, rappelant que les investissements réalisés au début des années 90 ont généré les meilleurs rendements de la décennie. 3i pourrait prouver sa confiance dès demain : interrogé sur l'intérêt éventuel du groupe pour l'activité d'annuaires de KPN, Brian Larcombe a indiqué qu'une annonce "pourrait être faite demain". Annoncée comme proche début octobre, la cession de Telemedia coïnciderait ainsi avec la présentation des résultats trimestriels de l'opérateur néerlandais.A la Bourse de Londres, l'action 3i cédait 4,1% en fin de journée à 502 pence. Le titre a perdu 40% de sa valeur depuis le début de l'année.

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