Les syndicats de la CDC craignent le démantèlement de la Caisse

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Profitant de la "trêve des vacances" pour s'organiser, les syndicats de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) se préparent à une rentrée agitée. Alors que l'établissement public vient d'être doté d'un nouveau directeur général pour cinq ans, Francis Mayer, les organisations syndicales demeurent inquiètes quant à l'avenir de la Caisse et de ses missions.Après s'être mobilisés à l'occasion de la nomination du nouveau directeur général, le 18 décembre, ils se préparent à intervenir dès que la "feuille de route" du nouveau directeur sera rendue publique. Ils craignent en effet qu'elle ne scelle le démembrement des activités de la Caisse. A ce titre, les interventions du ministre de l'Economie, Francis Mer, ou du président de la commission de surveillance de la CDC, Philippe Auberger, en faveur d'un recentrage des missions de la Caisse n'ont pas été de nature à rassurer les personnels.Deux scénarios. Les syndicats se préparent à deux scénarios : le premier reste celui de la privatisation des filiales concurrentielles de la Caisse (banque d'investissement, assurance, immobilier), déjà convoitées par les Caisses d'Epargne. "Nous prenons au sérieux la menace d'une prédation de certaines filiales par l'Ecureuil et Dexia", estime Jean-Alain Steinfeld, élu CFDT CDC. Aux dires de tous les syndicats, un tel schéma conduirait à une grève. L'autre scénario, perçu comme "le moins pire", serait la mise sur le marché des activités concurrentielles déjà filialisées.Mais les syndicats militent avant tout pour "sauver l'unité de la Caisse", dont ils estiment qu'elle doit conserver des activités concurrentielles pour financer ses missions d'intérêt général. L'appel est unanime. "L'indépendance financière de la Caisse est assurée par sa diversification industrielle, martèle Jean-Alain Steinfeld. C'est grâce à cela qu'elle peut intervenir sur des cas comme France Télécom quand les marchés vont mal." "La CNP et CDC Ixis ont été fabriquées par la Caisse. Elles doivent y rester, fait valoir de son côté Jean-Claude Grousselle, secrétaire général de FO CDC. Si elles sont privatisées, elles nous échapperont complètement. L'Etat doit conserver un pôle financier public."Les salariés redoutent les effets en termes d'emploi. Les activités concurrentielles de la CDC regroupent 90 % de son personnel. Et CDC-Ixis, la banque d'investissement logée dans Eulia, compte 400 fonctionnaires, ainsi que 500 collaborateurs de droit privé bénéficiant d'une clause de suspension de contrat, leur permettant de réintégrer la Caisse en cas de cession. S'y ajoutent les 800 fonctionnaires de la CNP. En cas de changement de contrôle de ses filiales, la Caisse pourra-t-elle accueillir tous ces salariés comme elle le doit ?A la rentrée, certaines organisations interpelleront Matignon sur la "feuille de route" du directeur général. "Ce qui nous inquiète, c'est l'absence totale d'intervention du Parlement, sous le contrôle duquel la Caisse est légalement placée, regrette Jean-Philippe Gasparotto, secrétaire général de la CGT CDC. Or la puissance de la Caisse tient à son autonomie vis-à-vis de l'exécutif." Depuis le 18 décembre, les syndicats diffusent une pétition, que "même les cadres ont signé", selon Jean-Philippe Gasparotto. Ils attendent la première rencontre officielle avec Francis Mayer, qui doit prononcer ses voeux à la Caisse le 9 janvier.

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