L'usine AZF de Toulouse ne rouvrira pas

L'usine AZF de Toulouse, à l'origine de l'explosion de septembre dernier, ne rouvrira pas ses portes: la direction de Grande Paroisse, filiale de TotalFinaElf spécialisée dans les engrais ammoniaqués, a annoncé jeudi devant un comité central d'entreprise extraordinaire la fermeture du site. L'explosion du 21 septembre avait fait 30 morts, plus de 2.000 blessés et de gigantesques dégâts matériels. Selon le groupe, "les études et les réflexions menées au cours des derniers mois conduisent la société Grande Paroisse à considérer aujourd'hui qu'il n'est pas possible d'envisager le redémarrage du site de Toulouse". Une décision qui se fonde, précise-t-il, "sur l'impossibilité à ce jour de mettre en évidence les origines de la catastrophe" du 21 septembre. En revanche, l'avenir des deux usines Soferti de Fenouillet (Haute-Garonne) et Bordeaux n'est pas remis en cause. Dans la foulée, la direction de Grande Paroisse a annoncé diverses mesures de retraites ou reclassements devant "permettre de résoudre la totalité des problèmes d'emploi" de ses salariés sur place. Elle précise ainsi que "le plan d'accompagnement social prévoirait en tout état de cause le maintien de plusieurs dizaines d'emplois sur le site pour sa remise en état, des mesures exceptionnelles de préretraite et des offres de reclassement professionnel à Toulouse et dans les établissements du groupe situés notamment dans le sud de la France". Grande Paroisse s'engage à maintenir à Toulouse "un niveau d'emploi de 80 personnes", notamment au sein du service informatique, en rappelant qu'"un plan de départ en préretraite concernant 175 personnes" a déjà été signé avec les syndicats, les départ devant s'échelonner "du 1er avril au 30 juin 2002". Ces annonces ont été plutôt mal accueillies sur place. Jeudi en début d'après-midi, deux cents à deux cent cinquante salariés, selon la police, étaient rassemblés dans un climat tendu dans l'usine de Toulouse, attendant une rencontre avec leur directeur Serge Biechlin. En signe de mécontentement, les salariés ont placé deux gros engins en travers de la RN 20, devant l'une des entrées d'AZF. Les salariés de l'usine ne veulent pas qu'une "catastrophe sociale" succède à la "catastrophe de septembre". La question du redémarrage du pôle chimique de Toulouse suscite de vifs affrontements sur place entre adversaires, traumatisés par l'explosion de septembre, et partisans, qui se préoccupent de la défense des emplois (lire ci-contre).Intervenant dans le débat, le maire de Toulouse Philippe Douste-Blazy, a demandé jeudi au PDG de TotalFinaElf Thierry Desmarets "d'implanter à Toulouse un nouveau pôle d'activités chimiques non dangereuses et d'assurer la reconversion du personnel d'AZF". latribune.fr, avec AFP

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