Un avenir pas très rose pour IBM

Il y a encore quelques mois, en effet, toutes les gazettes, dont La Tribune, s'extasiaient sur les résultats d'IBM. Après avoir failli connaître les affres de la dislocation au début des années 90, Big Blue avait réussi un redressement spectaculaire sous la houlette de son autoritaire et charismatique PDG, Louis Gerstner. En à peine 10 ans, IBM avait conforté sa position de leader de l'informatique mondiale en étant présent aussi bien sur les ordinateurs (notamment les gros mainframes) que sur les logiciels (messagerie, bases de données), les infrastructures système et surtout les services grâce à sa division IBM Global Services. Le tout arrosé d'une juste dose d'Internet, histoire de montrer aux investisseurs que la société allait dans le sens de l'histoire sans toutefois tomber dans la folie start-up. En prenant la place de Lou Gerstner, parti à la retraite en mars 2002, Sam Palmisano semblait donc avoir toutes les cartes en main pour consolider la position de Big Blue. Mais c'était sans compter sur la conjoncture économique et une cascade de petits (et grands) événements qui ont eu pour conséquence d'ébranler le numéro un mondial. Tout commença par un avertissement sur résultat (le premier depuis 10 ans) en avril 2002 suivi quelques jours plus tard de l'annonce d'une baisse du chiffre d'affaires trimestriel (-2%) et du résultat net (-32%). Dans le contexte actuel, cette situation a bien sûr fait naître des rumeurs de licenciements (on parle de 8.000 à 10.000 emplois à travers le monde), démenties par la direction mais qui traduisent bien un malaise interne. Surtout qu'IBM est de plus en plus menacé. A force de vouloir être présente partout, la société américaine s'est certes alliée avec toutes les grandes entreprises technologiques mondiales, mais elles s'est fait un nombre équivalent d'ennemis (ce que les Américains appellent la co-ompetition pour coopération et compétition). Et pour beaucoup, elle est aujourd'hui une cible si ce n'est à abattre, du moins à affaiblir. Ainsi, en s'unissant, HP et Compaq ont fait clairement comprendre qu'ils souhaitaient devenir un contrepoids à IBM. Il est trop tôt pour dire si cette fusion sera ou non une réussite mais il est certain qu'elle aura des conséquences chez Big Blue. Par ailleurs, certains marchés couverts pas IBM restent fragiles. C'est le cas par exemple des bases de données. Ne parvenant pas à concurrencer Oracle et à repousser Microsoft, IBM a racheté il y a quelques mois la société Informix. Selon les analystes du Gartner Group, cette acquisition lui a permis de se hisser à la première place de ce marché. Mais en réalité, 1+1 faisant rarement deux dans l'industrie, il semble qu'Oracle commence à récupérer d'anciens clients d'Informix tandis que Microsoft continue à progresser. Même tendance dans les serveurs d'applications et les messageries Internet où malgré une très forte croissance de ses parts de marché, IBM n'est pas parvenu à s'imposer face à BEA et à Microsoft. Ajoutons enfin des "petits couacs" locaux (comme celui de la notation des employés en France) qui ont eu pour effet de détériorer l'image de la société et l'on comprendra que pour IBM, l'âge d'or est peut être passé.

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