Têtes chercheuses

"Les banquiers d'affaires sont comme des fous. Ils recherchent désespérément des mandats. Du coup, ils nous inondent de propositions de mariages tous azimuts" : cette confidence d'un des grands patrons français illustre bien la situation dans laquelle sont aujourd'hui les spécialistes du M & A ("merger and acquisition"). Car les fusions-acquisitions, florissantes ces dernières années - et si lucratives pour les banquiers d'affaires - accusent désormais le coup du dégonflement de la bulle Internet et de la déprime boursière.Du coup, voilà nos têtes chercheuses du capitalisme désoeuvrées. La nature ayant horreur du vide, elles ont pris leur bâton de pèlerin. Et là où les "deals" leur étaient jusqu'à maintenant quasiment apportés sur un plateau, les voilà obligées de faire les fonds de tiroirs ou de jouer les vendeurs en porte-à-porte en se creusant les méninges pour trouver des idées de mariage à ceux qui vivent très bien leur célibat. Le hasard fait parfois bien les choses et certaines de leurs propositions trouvent quelques oreilles intéressées. D'autant que dans nombre de secteurs, les schémas d'alliances potentielles ne sont pas pléthore. On retrouve souvent les mêmes noms, agencés plus ou moins différemment. Tout, ensuite, est dans le savoir-faire de la proposition de montage.Mais on ne fait pas avancer un âne qui recule. Et un missile à tête chercheuse a besoin d'une cible pour fonctionner. Or, pour l'heure, le marché des M & A reste bien déprimée. Et nombre de spécialistes pensent qu'il en sera ainsi de toute l'année 2002, voire au delà. Les banquiers d'affaires n'ont plus qu'à se creuser la tête et sinon à faire le dos rond.

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