Comment SSSB a réussi a nouer un lien précieux avec Shell

Le secteur de l'énergie est devenu le marché le plus convoité par les banques d'affaires: la preuve avec l'OPA de 6,5 milliards de dollars lancée par le groupe anglo-néerlandais Shell sur Enterprise Oil, une semaine seulement après avoir lancé une offre de 1,75 milliard de dollars sur le groupe américain Pennzoil-Quaker State. Schroder Salomon Smith Barney (SSSB), qui a agi comme conseiller exclusif sur les trois dernières acquisitions de Shell, se trouve dans le rôle envié de conseil pour une entreprise dont un rachat de 6,5 milliards est décrit par les analystes comme une opération "bolt-on" ou non-stratégique. En l'espace de deux ans, Shell a lancé cinq offres de rachat pour un montant global de 18 milliards de dollars, alors que dans le même temps le marché de fusions-acquisitions s'est affaissé.SSSB a dû batailler ferme contre ses plus grands rivaux tels Morgan Stanley, Goldman Sachs et JP Morgan Chase pour arriver à établir sa relation avec Shell. Pendant 5 années, la banque d'affaires a présenté pas moins de dix projets qui n'ont jamais vu le jour, une pratique par laquelle les autres banques qui ont collaboré avec Shell disent également être passées. SSSB a enfin vu ses efforts récompensés quand elle est sorti gagnante d'une "beauty parade" à quatre pour s'adjuger le mandat du rachat de Equilon-Motiva par Shell. Des lors, elle a réussi à approfondir sa relation et continuer sur sa lancée.Enterprise Oil avait auparavant été désignée comme une cible évidente pour Shell, qui n'avait pas caché son désir de s'étendre dans le secteur amont du pétrole. Le directeur général du groupe anglais Sam Laidlaw, considéré plus comme un bâtisseur qu'un restructurateur, avait toujours affirmé que la compagnie souhaitait garder son indépendance. Cependant, on ne peut s'empêcher de penser qu'Enterprise et ses conseillers Rothschild et Morgan Stanley ont fait jouer la concurrence à fond et que l'offre faite par Shell est le résultat d'une longue concertation.Des experts du secteur énergétique soupçonnent Eni d'avoir envoyé une lettre à Enterprise lui signifiant son intérêt dès janvier, alors que pendant la même période, le groupe italien avait indiqué publiquement qu'il n'était pas en contact avec le groupe anglais. Lorsque l'intérêt d'Eni fut dévoilé en mars, des douzaines d'entreprises du secteur ont été citées comme acheteurs potentiels. Shell toutefois a rarement, voire jamais, figuré sur la liste alors que le groupe avait fait une première approche sur Enterprise en février.Les négociations auraient pu se conclure rapidement mais l'annonce par Enterprise de la découverte d'un gisement au large de Tahiti a changé la donne. Malgré les efforts faits pour trouver une évaluation qui intègre le futur rendement du gisement, des analystes financiers estiment que les actions Enterprise pourraient être sous-évaluées de 25 à 40 pence. Et le fait que SSSB n'ait pas réussi pour l'instant à récupérer plus de 11,7% des actions Enterprise sur le marché boursier prouve que certains actionnaires du groupe anglais sont d'accord avec cette estimation. Surtout qu'Enterprise a refusé de signer un accord avec Shell qui dédommagerait une des deux parties en cas de renoncement à l'opération... ce qui laisse la porte ouverte à d'éventuelles contre-offres.

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