Le coût de l'excellence pharmaceutique

Pourra-t-on un jour éradiquer le cancer, ce fléau du monde développé qui tue 16.500 personnes par jour ? Rien ne permet aujourd'hui de l'affirmer mais les tous derniers développements en cancérologie suscitent l'espoir. La conférence annuelle de l'American Society of Clinical Oncology (Asco) qui s'est tenue la semaine dernière à Orlando (Floride) a été, à cet égard, riche de communications scientifiques et de résultats d'expérimentations encourageants. On y a beaucoup parlé, notamment, de cette nouvelle voie thérapeutique dite "ciblée", qui consiste à envoyer des médicaments-missiles attaquer certaines parties de la cellule cancéreuse en vue de bloquer son développement et, ainsi, la pousser au suicide.Déjà, certaines de ces molécules-cible sont sur le marché. Le Glivec de Novartis contre les leucémies, l'Herceptin des laboratoires Roche pour traiter le cancer du sein ou un petit nouveau qui a fait beaucoup parler de lui à l'Asco : Iressa, une molécule développée par Astra Zeneca, pour soigner les cancers du poumon, une tumeur malheureusement fréquente, responsable de 25.000 décès par an en France et de 157.000 aux Etats-Unis. La substance freine la progression du cancer en bloquant ses facteurs de croissance au niveau de la cellule et arrive même à faire régresser la tumeur chez certains malades.Produits par des procédés biotechnologiques, ces médicaments prometteurs n'ont qu'un seul défaut : ils sont très chers. Un traitement chimiothérapique "classique" à l'hôpital coûte environ 200 euros par patient et par mois. Les nouvelles molécules mises sur le marché reviennent, elles, à 3.000 euros. Et ce prix est susceptible d'augmenter encore au fur et à mesure que de nouveaux produits ciblés encore plus performants sortiront du "pipe-line" de l'industrie pharmaceutique. Qui, alors, en assumera le coût ? Les systèmes de santé occidentaux sont déjà mal en point. Révélée à l'Asco, la sobre communication d'un scientifique anglais sur la façon dont sont soignés les cancéreux britanniques laisse rêveur : les médicaments existent, nous a-t-il dit, mais les médecins ne les achètent pas, faute de budget... Pour convaincre les autorités sanitaires, l'industrie devra présenter des dossiers solides. Elle pourra, dans son argumentaire, mettre en avant les coûts considérables induits par le fléau. Aux Etats-Unis, la facture s'est élevée à 180,2 milliards de dollars en 2000, dont 60 milliards pour la partie médicale, le reste étant une estimation des pertes de productivité dues à la maladie et aux morts précoces.Retrouvez l'actualité technologique tous les mercredis dans "La Tribune de l'Innovation", édition papier.

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