Les conseillers fiscaux d'Andersen USA rejoignent Deloitte and Touche

Première étape de la restructuration des activités américaines d'Andersen, après le scandale Enron: la branche de conseil fiscal va intégrer le concurrent Deloitte and Touche. Les deux cabinets ont en effet annoncé avoir signé une lettre d'intention prévoyant qu'"un nombre important" de partenaires américains d'Andersen spécialisés dans le conseil fiscal rejoindront Deloitte. Les termes financiers de la transaction, qui devrait être effective dès fin avril, n'ont pas été révélés. "Cette transaction correspond à notre engagement à mettre en oeuvre rapidement les réformes" proposées par l'ancien président de la Réserve fédérale (Fed) Paul Volcker et destinées à "reconstruire Arthur Andersen comme une entreprise centrée sur un audit de qualité", a souligné le directeur général d'Andersen USA, Larry Gorrell, cité dans le communiqué. Le plan de sauvetage proposé par Paul Volcker prévoit notamment un recentrage d'Andersen USA sur le seul audit et la cession de ses activités de conseil (conseil fiscal, conseil en management, gestion des ressources humaines...), afin de tenter de restaurer l'image du cabinet mise à mal par l'affaire de la faillite du groupe de courtage en énergie Enron. Andersen a été inculpé le 14 mars pour entrave à la justice pour avoir détruit, selon l'accusation, "des tonnes de documents" liés à la comptablité d'Enron alors que les autorités avaient ouvert une enquête sur ce scandale. Andersen, qui était chargé de vérifier les comptes d'Enron, est soupçonné d'avoir caché les manipulations comptables ayant mené le groupe texan à la faillite en décembre dernier. Le conseil offre des marges alléchantes pour les cabinets d'audit mais constitue souvent un conflit d'intérêt quand les clients audités achètent aussi ces prestations. Andersen menait les deux activités de front chez Enron. Andersen, qui emploie 28.000 salariés aux Etats-Unis, a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 4,5 milliards de dollars dans ce pays, sur un chiffre d'affaires mondial de 9,3 milliards de dollars. Outre le plan de restructuration, la survie d'Andersen passe par l'abandon des poursuites judiciaires engagées par la justice et qui doivent se traduire par un procès devant s'ouvrir le 6 mai à Houston, au Texas. Selon des informations de presse, le ministère américain de la Justice est prêt à discuter d'un accord à l'amiable avec Andersen à condition que celui-ci admette avoir "illégalement détruit des documents" d'Enron. Le plan de sauvetage d'Andersen USA ne concerne pas le réseau international qui est en train de se disloquer à mesure que les filiales négocient par pays leur fusion avec des concurrents. Andersen va ainsi fusionner avec Ernst and Young à Singapour, en Russie, en Australie et en Nouvelle-Zélande. En Espagne, il a rallié Deloitte and Touche. En Chine et à Hong Kong, il s'est marié avec PricewaterhouseCoopers (PwC) et au Japon avec KPMG. latribune.fr, avec AFP

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