Webcity, cinq ans et fidèle à ses origines

Fondé en 1997 à Lyon par un étudiant de vingt ans, Cybergone, rebaptisé Webcity, présente toutes les caractéristiques de la start-up type. Mis à part le fait qu'elle a survécu à la crise de 2000-2001 sans passer entre les mains de capital-risqueurs ou d'industriels. Au contraire, Alexandre Dreyfus, son fondateur a même profité de la déprime de l'an dernier pour augmenter sa participation, en rachetant une partie de celle de Carrefour, entré à hauteur de 20% il y a deux ans. Certes, Webcity n'est pas encore un succès assuré : avec un peu moins d'un million d'euros de chiffre d'affaires l'an dernier, la société - présente dans 37 villes - perd encore de l'argent. Et elle a dû, ces derniers mois, cesser ses activités hors de France et arrêter plusieurs projets de développement. Mais l'audience est toujours au rendez-vous : avec plus de trois millions de pages vues par mois (en hausse de 20% sur un an) et plus de 300.000 visiteurs uniques, Webcity affiche "une bonne résistance" face à ses concurrents, assure Alexandre Dreyfus. Il profite notamment du retard pris par les projets initiés par la presse régionale, qu'il s'agisse de Viapolis, dont le développement a été handicapé par le retrait de la Socpresse, ou de Maville, lancé par Spir Communications. Alexandre Dreyfus se reconnaît donc deux concurrents principaux : Bestofcity, filiale de NRJ, et Cityvox, l'autre grand indépendant du marché. Pour trouver de nouvelles sources de revenus et augmenter ses marges, Webcity, faute de développement international, mise sur de nouveaux services. L'entreprise a ainsi développé son propre système de "e-ticketing" (réservation en ligne de billets de spectacles ou de cinéma). "Nous travaillions jusqu'à présent avec TicketNet, mais gagner deux francs par ticket ne nous intéressait pas beaucoup", explique Alexandre Dreyfus, évoquant une marge de 10 à 30% sur le nouveau service. "Mais il n'est pas question de faire du e-ticketing une nouvelle activité. Nous ne voulons pas entrer en concurrence avec TicketNet". Parmi les autres projets commerciaux figurent la mise en avant payante de petites annonces de particuliers ou d'annonces de "petits" événements culturels. "Nous ne passons pas à 100% au payant, souligne le PDG. Simplement, nous développons des services complémentaires de ceux que nous continuons d'offrir gratuitement".Après s'y être essayé, Alexandre Dreyfus reste en revanche sceptique vis-à-vis de la vente de contenus. "On ne peut pas courir deux lièvres à la fois, sous peine de se retrouver en concurrence avec ses propres clients". Autre expérience restant - pour l'instant - sans lendemain : les services mobiles. "La consommation sur le Wap n'est pas la même que sur le Web. Sur les mobiles, nous sommes en concurrence avec des services comme Pariscope, duquel nous nous différencions bien sur Internet". A terme, Webcity espère ainsi réaliser 20 à 30% de son chiffre d'affaires en B2C, contre 10% seulement aujourd'hui. Le reste provient et continuera de provenir de la publicité, locale ou nationale. Confiant malgré la conjoncture, Alexandre Dreyfus prévoit que son entreprise, déjà rentable pour le seul site lyonnais, sera au rendez-vous en fin d'année. Marc Angrand

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