Yves Saint Laurent tire sa révérence

Confirmant les rumeurs insistantes de ces derniers jours, Yves Saint Laurent a annoncé lundi matin sa décision de quitter ce métier de la couture où il oeuvre depuis 40 ans. Fidèle à son image d'homme peu à l'aise avec les médias, Yves Saint Laurent, vêtu et cravaté de noir, a lu un message lors d'une conférence de presse qui se tenait au siège de sa griffe à Paris. Le départ d'Yves Saint Laurent signifie sans doute la fin de la maison de haute couture qu'il dirigeait et qui est l'une des douze dernières de Paris. "J'ai choisi de dire adieu à ce métier", a dit le couturier, "mon prochain défilé, le 22 janvier, sera le dernier et sera en grande partie l'aboutissement" de ce que j'ai fait en plus de 40 ans. Yves Saint Laurent a ensuite remercié ceux "qui ont cru" en lui, lui ont permis de créer sa maison et de poursuivre son travail d'artiste. Il a également "exprimé sa gratitude" à François Pinault de lui "permettre de mettre harmonieusement un point final à cette aventure". Artémis, holding de l'industriel breton, est propriétaire de Yves Saint Laurent Haute couture. Le départ d'Yves Saint Laurent devrait se traduire par la fermeture de la maison (celle-ci emploie 160 personnes, dont 75 à l'atelier) en raison des coûts liés à cette activité. La haute couture, à la différence du prêt-à-porter, demande d'énormes investissements et est traditionnellement déficitaire. C'est pourquoi lorsque l'industriel français François Pinault avait fait coup double, en 1999, en rachetant Yves Saint Laurent et Gucci, il a placé la haute couture dans son holding personnel Artémis, alors que Gucci, détenu par PPR, a hérité du prêt-à-porter, étroitement géré par le tandem Domenico De Sole-Tom Ford, respectivement PDG et styliste du groupe Gucci. Or, selon Stéphane Marchand, auteur du livre les Guerres du luxe, Yves Saint Laurent et Pierre Bergé se sont assurés, lors du transfert de la maison de haute couture dans Artémis, de toucher jusqu'à la fin 2006 l'équivalent de 0,4 % du chiffre d'affaires tiré de la marque Yves Saint Laurent, soit un montant plafonné à 4,47 millions d'euros par an.Cependant, un autre volet de ces accords stipulait qu'en cas de départ du couturier avant le 31 décembre 2002 les deux fondateurs se priveraient de la moitié des 37 millions d'euros versés par Gucci « en contrepartie des droits intellectuels et autres » cédés. Cette perte n'aura pas été suffisante pour retenir le couturier. Et ce d'autant que son fidèle compagnon, Pierre Bergé, PDG d'Yves Saint Laurent haute couture, a plus que jamais envie de se concentrer sur son projet de reprise de Drouot. latribune.f

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