McDonald's terminera le trimestre dans le rouge

Décidément, le menu de fin d'année sera dur à digérer pour les actionnaires de McDonald's. Le géant américain, qui avait annoncé le mois dernier que ses résultats du quatrième trimestre seraient largement inférieurs aux attentes en raison d'indispensables mesures de restructuration (lire ci-contre), doit aujourd'hui noircir un peu plus le tableau. Il vient ainsi de révéler que la période se solderait purement et simplement par une perte nette - la première de l'histoire du groupe - pour causes de ventes et de marges sans doute décevantes, mais aussi en raison du coût important des restructurations. Celles-ci (fermetures de restaurants et réductions d'effectifs, pour l'essentiel) devraient effet générer des charges exceptionnelles de 435 millions de dollars (390 millions après impôts), aboutissant à une perte nette par action de 5 à 6 cents. Hors charges exceptionnelles, le bénéfice du groupe sera de 25 ou 26 cents par titre, un chiffre nettement inférieur aux 31 cents prévus en moyenne par les analystes. Et la barque n'est peut-être pas encore complètement chargée, avoue McDonald's : le plan d'économies de novembre pourrait être encore durci... ce qui conduirait à de nouvelles charges exceptionnelles. Le groupe aux 30.000 restaurants continue de souffrir de la désaffection des consommateurs, mais aussi de la guerre des prix engagée aux Etats-Unis avec ses deux grands concurrents, Burger King et Wendy's. Ainsi, à nombre de points de vente comparable, les ventes de la période octobre-novembre s'inscrivent en recul de 1,6% (-1,3% aux Etats-Unis, où le groupe a pourtant lancé début octobre un menu à un dollar). Sur les onze premiers mois de l'année, la baisse du chiffre d'affaires atteint 2% (et 1,5% sur le marché américain). Sur octobre-novembre, tous les grands marchés du groupe affichent des ventes en baisse, à l'exception notable de l'Amérique latine (+10,9%). De surcroît, "sur la base des premiers résultats de décembre", la société prévoit que l'évolution des ventes sur l'ensemble du trimestre devrait être inférieure à celle des deux premiers mois de la période. Et la forte hausse des coûts de marketing et des dépenses informatiques va rogner les marges. Le nouveau PDG du groupe, Jim Cantalupo, qui prendra ses fonctions le 1er janvier, recevra donc une feuille de route non seulement difficile, mais de surcroît urgente. Les investisseurs attendent de lui qu'il résolve le dilemme auquel est confronté le groupe : rénover l'offre de McDonald's pour assurer la poursuite de la croissance sans remettre en cause sa rentabilité. La décision prise le mois dernier de fermer des restaurants dans des pays peu séduits par le concept McDo et le ralentissement annoncé du programme d'ouverture montrent que l'expansion internationale n'est plus la solution.A Wall Street, l'action McDonald's a cédé 8% mardi pour clôturer à 15,99 dollars, après avoir inscrit en séance un nouveau plus bas historique à 15,58 dollars. Depuis le début de l'année, le titre a perdu 40% de sa valeur.

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