Le secteur aéronautique mis en ébullition par la faillite quasi inévitable d'UAL

Acculée à une faillite quasi certaine, United Airlines (UAL) vit un véritable calvaire. La décision des autorités américaines de refuser à la compagnie une garantie de 1,8 milliard de dollars pour un prêt de 2 milliards a en effet sonné le glas des espoirs de l'entreprise. Jeudi à Wall Street, les investisseurs ne s'y sont pas trompés: l'action s'est effondrée de 68%, terminant la séance à un dollar. Les plus cyniques notent qu'à cette valeur, la capitalisation boursière d'UAL est à peu près équivalente au prix de deux avions civils.Mais la banqueroute d'UAL, la plus importante de l'histoire de l'aviation américaine, aurait des répercussions sur l'ensemble du secteur. Et ce d'autant qu'elle interviendrait quelques mois après le placement en redressement judiciaire d'une autre companie, US Airways. Les marchés financiers ont d'ailleurs, dès jeudi, distingué les entreprises qui pourraient pâtir de la faillite d'UAL et celles qui pourraient en profiter. Dans le camp des gagnants, la Bourse de New York range les compagnies aériennes concurrentes de United Airlines. Elles ont ainsi vu le cours de leurs actions s'envoler dans un marché orienté à la baisse. American Airlines (AA), numéro 1 du secteur aux Etats-Unis, a gagné 7,8%, Delta Airlines a progressé de 3,5%, Continental de 4,13% et Southwest de 4,5%. Selon les analystes, ces compagnies ont tout à gagner des difficultés d'UAL. Tout d'abord, elles devraient, même si les avions d'United Airlines continueront à voler, gagner des parts de marché car une fois placée sous la protection du Chapitre 11 sur les faillites, United Airlines devra réduire sa voilure. Ensuite, cette affaire donne des marges de manoeuvres supplémentaires aux directions de ces compagnies engagées dans des négociations avec les syndicats afin de réduire les coûts. En brandissant l'épouvantail United Airlines, les transporteurs pourront obtenir de leurs salariés les sacrifices nécessaires à une industrie sinistrée (à la notable exception des compagnies low cost). A titre d'exemple, sur les neuf premiers mois de l'années, les pertes cumulées des trois premières compagnies aériennes américaines (AA, UAL et Delta) se sont montées à 5,7 milliards de dollars.Côté perdants potentiels d'une faillite d'UAL, il y a bien évidemment les fournisseurs de la compagnie, au premier rang desquels figurent les avionneurs (l'américain Boeing, l'européen Airbus et le canadien Bombardier) mais aussi les fabricants de moteurs. A Wall Street, Boeing a perdu 2,9% jeudi et United Technomogies (moteurs Pratt and Whitney) a cédé 2,53%. A Toronto, l'action Bombardier a chuté de plus de 9%. Pour l'instant, chez Boeing on minimise l'impact d'une faillite d'UAL: les résultats du groupe ne seront pas affectés, a ainsi souligné Phil Condit. Néanmoins, le PDG de Boeing se veut plus pessimiste sur les conséquences d'un arrêt total des activités d'UAL. Evoquant ce cas de figure, Phil Condit a estimé "que cela changerait la donne" mais il a aussi immédiatement précisé qu'il ne croyait pas à un tel scénario catastrophe. Actuellement Boeing n'a en commande de la part d'United qu'un seul appareil, un B-777 mais le constructeur aéronautique est beaucoup plus exposé aux conséquences d'une faillite d'UAL à travers sa filiale financière Boeing Capital. Cette dernière est propriétaire d'une douzaine de 777 en location chez UAL pour une valeur de près de 1,3 milliard de dollars.D'autres sociétés de leasing d'appareils, comme GECAS, filiale de General Electric (GE) sont très engagées auprès d'United Airlines. GECAS a ainsi reconnu récemment que ses investissements dans UAL se montaient à environ 1,9 milliard de dollars. L'action GE a perdu hier 2,7%. Des banques avec en tête Bank One, des assureurs, notamment AIG, et le groupe Disney ont également des créances très importantes auprès de United Airlines.

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