L'Etat pourrait passer sous les 20% dans le capital d'Air France

Une déclaration d'intention plus qu'un véritable coup d'envoi : en annonçant officiellement son intention de céder prochainement le contrôle du capital d'Air France, sans préciser ni le calendrier, ni les modalités prévues de l'opération, le gouvernement Raffarin veut sans doute avant tout préparer les esprits - notamment ceux des salariés - et placer le dossier de la compagnie nationale sur le dessus de la pile des privatisations. L'Etat "réduira sa participation au capital tout en restant l'un des principaux actionnaires de la compagnie", indique le ministère des Finances dans un communiqué. Un porte-parole a ensuite précisé que Bercy prenait comme "hypothèse de travail" un passage sous les 20% du capital d'Air France à l'issue de l'opération. Cette cession n'interviendra que "lorsque les conditions de marché le permettront", selon la formule consacrée, ajoute le communiqué. Et "le Premier ministre a précisé que le gouvernement envisagerait des privatisations au cas par cas, en tenant compte d'abord de l'intérêt des entreprises et de leurs perspectives d'alliances", rappelle-t-il. Si la conjoncture boursière actuelle est loin de favoriser ce type d'opération, Air France a au moins le mérite de résister mieux que ses principaux concurrents à la crise du transport aérien déclenchée par les attentats du 11 septembre. Le groupe a dégagé un bénéfice d'exploitation de 235 millions d'euros en 2001-2002 (exercice clos fin mars), en baisse de 47% sur 2000-2001 et un bénéfice net de 153 millions d'euros, en chute de 63,7%. Même si les bénéfices se sont nettement dégradés, la performance de la compagnie est honorable, comparé à ses grands concurrents européens, comme British Airways dont les comptes sont dans le rouge. Le groupe espère améliorer ses résultats en 2002-2003 par rapport au dernier exercice. Bercy estime que, "pour permettre à la compagnie d'accélérer la modernisation de sa flotte, de consolider ses alliances et nouer des partenariats, l'Etat doit lui donner de nouveaux espaces de liberté". Actionnaire aujourd'hui à hauteur de 54,4% d'Air France, l'Etat a demandé à la direction de l'entreprise d'ouvrir "dans les plus brefs délais" une consultation des salariés qui devra permettre de prendre "pleinement en compte leurs intérêts". Le statut du personnel sera prorogé "pendant une période transitoire", permettant de négocier les futurs accords d'entreprise. En outre, les salariés auront la possibilité d'accroître leur place dans le capital en souscrivant à une offre qui leur sera réservée dans le cadre de l'opération, a ajouté le ministère. Lors de la privatisation partielle en 1998, les syndicats avaient négocié un accord "salaire contre actions" qui a permis à certains salariés de la compagnie, en majorité des pilotes, de prendre 10,7% du capital.

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