Vodafone préparerait une offre hostile sur SFR

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Le plan de cessions de Vivendi Universal initié par Jean-René Fourtou n'inclut officiellement pas SFR, la division de téléphonie mobile de Cegetel. Mais Vodafone pourrait, à en croire le Financial Times, tenter de forcer la main au successeur de Jean-Marie Messier, en lançant une offre d'achat non sollicitée. Selon le quotidien britannique, le premier opérateur mondial - qui se refuse à commenter ce qu'il qualifie de "spéculation" - prépare une offre qui pourrait être rendue publique avant la fin du mois. Vodafone attendrait en effet l'expiration - le 23 septembre - du "lock-up" verrouillant le capital de Cegetel, la filiale à 44% de Vivendi possédant 80% de SFR. Des sources proches du dossier citées par Reuters soulignent cependant que, si Vodafone est intéressé par SFR, il est peu probable que le groupe lance une offre hostile. Interrogée sur ces informations, la direction de Vivendi Universal assure n'avoir "aucun commentaire" à faire et renvoie à la lettre publique adressée récemment par Jean-René Fourtou à ses salariés et actionnaires : le nouveau PDG y expliquait notamment que Cegetel ne figure pas parmi les cessions d'actifs prévues et que "devenir majoritaire" dans la filiale télécoms figurait parmi les "opérations stratégiques possibles" pour le groupe. Une opération qui aurait un impact financier positif immédiat : Cegetel est la branche du groupe qui dégage - grâce à SFR - le plus important cash flow, un argument de poids dans les circonstances actuelles. Citant des estimations d'analystes, le Financial Times précise que l'opération pourrait coûter à Vodafone - qui possède 15% de Cegetel et 20% de SFR en direct - 8 milliards de livres (12,3 milliards d'euros), financés par une facilité de crédit bancaire non utilisée de 10,65 milliards de dollars. Outre celui de Vivendi, loin d'être acquis, une offre éventuelle devrait obtenir, pour réussir, l'accord des autres actionnaires de Cegetel, à savoir BT Group (26% du capital) et SBC (15%) : des opérateurs eux aussi, et eux aussi engagés dans d'ambitieux plans de désendettement. Dès ce matin, BT a réaffirmé qu'il entendait vendre sa participation et qu'il serait "certainement ouvert" à toute offre. Vodafone n'échappe certes pas aux problèmes qui poussent la plupart des opérateurs à la restructuration, mais cela ne l'empêcherait pas forcément de songer à conforter sa position de leader mondial. Or la France est l'un des rares grands marchés européens sur lesquels le groupe de Chris Gent n'appartient pas au peloton de tête des opérateurs mobiles. En mettant la main sur les 13 millions d'abonnés de SFR, qui font de ce dernier le N°2 français derrière Orange, il comblerait ce vide. En Bourse, Vivendi Universal, qui avait ouvert en nette hausse, a terminé la séance dans le rouge, abandonnant en clôture 0,78%, à 12,70 euros. A Londres, Vodafone a baissé de 4,58% à 98,75 pence.

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