Qwest n'exclut pas un défaut de paiement sur sa dette

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Qwest passera l'hiver, mais peut-être pas l'été. L'opérateur américain, dégradé le mois dernier par Standard & Poor's et par Moody's, reconnaît aujourd'hui que sa survie financière est loin d'être assurée. Pour le groupe de Denver, l'enjeu est désormais clair : s'il ne parvient pas à réduire sa dette d'ici la fin juin, il pourrait bien voir ses créanciers fermer définitivement le robinet du crédit, une décision qui le contraindrait au dépôt de bilan. Après Global Crossing, Carrier 1 et McLeod USA, Qwest pourrait donc ajouter son nom à la liste des victimes de la croissance par l'endettement dans le secteur américain des télécoms. Dans une communication officielle aux autorités boursières américaines, il précise aujourd'hui que, sur la base des projections actuelles, sa dette totale pourrait, à l'issue du deuxième trimestre, excéder le maximum autorisé par la facilité de crédit de 4 milliards de dollars dont il dispose actuellement, soit 3,75 fois l'Ebitda (équivalent de l'excédent brut d'exploitation) des douze derniers mois à la fin de chaque trimestre. Pour éviter cette issue fatale, Qwest s'efforce donc d'obtenir un ballon d'oxygène supplémentaire de ses créanciers, avec qui il négocie actuellement un assouplissement de ses conditions de crédit dans l'espoir notamment de "modifier le plafonnement de la dette". Et en gage de sa bonne foi, il souligne ses efforts de réduction des coûts : le cash flow négatif devrait se situer entre 300 et 400 millions de dollars pour le premier trimestre 2002, au lieu des 500 millions attendus jusqu'à présent, et ce alors même que le début de l'année est "généralement plus faible que les autres en raison de la saisonnalité de l'activité". En outre, le groupe s'efforce de réduire autant que faire se peut ses investissements (ramenés à 3,7 milliards de dollars dans le dernier budget prévisionnel 2002, contre 4,2 milliards initialement envisagés) et ses dépenses d'exploitation. Même si les seuls frais de "maintenance" - à l'exception de toute dépense destinée à financer la croissance - sont évalués entre 1,5 et 2 milliards de dollars. La réduction de la dette - qui a culminé à près de 25 milliards de dollars - passe par des cessions d'actifs non stratégiques (mobiles, annuaires, activités d'ASP...) et par le recours à des émissions de titres à prix cassés. Qwest pourrait aussi procéder prochainement à une opération de titrisation portant sur 500 millions à un milliard de dollars. Sur le Nasdaq, l'action Qwest, qui a perdu près de 80% de sa valeur en un an, gagnait 1,78% à la mi-journée à 9,15 dollars après une ouverture en baisse. La capitalisation boursière du groupe est désormais à peine supérieure à 15 milliards de dollars. En 2000, Qwest avait racheté l'opérateur historique US West pour près de 50 milliards de dollars en actions...latribune.f

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