Les créanciers d'Hynix ont pris le contrôle du groupe

La menace planait depuis plusieurs semaines sur les actionnaires d'Hynix. Elle est désormais devenue réalité : en convertissant en actions près de 3.000 milliards de wons (2,6 milliards d'euros) d'obligations émises ces dernières années par le producteur sud-coréen de mémoires, ses banques créancières se sont assuré le contrôle du capital, dont elles détiennent désormais 80,65%. Pire encore : le taux de conversion retenu de 708 wons par titre a fait plonger l'action Hynix à la Bourse de Séoul. Elle cédait 11% en fin de séance à 615 wons, moins du quart de sa valeur de la fin janvier. Outre l'accroissement considérable du nombre de titres en circulation (il a été multiplié par plus de cinq), certains des nouveaux actionnaires, détenant au total 13,77% du capital, pourraient se débarasser rapidement de leur participation, une perspective qui pèse évidemment sur le cours. La Korea Exchange Bank et les douze autres établissements ayant participé à l'opération de conversion de la dette obligataire tiennent désormais le sort d'Hynix entre leurs mains. Les banques ont d'ores et déjà annoncé leur intention de convoquer une assemblée générale à la mi-juillet, pour élire un nouveau conseil d'administration. Celui-ci devra ensuite trancher sur la délicate et capitale question des cessions d'actifs : Hynix doit-il céder ses activités de mémoires DRAM, qui ont précipité sa chute l'an dernier, ou au contraire se concentrer sur ces produits en vendant l'ensemble de ses autres activités? Les deux hypothèses ont déjà été évoquées ces derniers mois, notamment lors des négociations pour la vente de la division DRAM à l'Américain Micron Technology. L'offre de celui-ci, qui s'élevait à 3 milliards de dollars, avait finalement été rejetée par le conseil d'administration, entraînant le limogeage du PDG Park Chong-sup. Le statu quo, lui, reste évoqué par certains - et notamment par les responsables politiques, dont le rôle dans ce dossier est loin d'être négligeable. Mais il serait particulièrement délicat à gérer : Hynix, qui a perdu plus de 4 milliards d'euros l'an dernier, doit assainir son bilan pour assurer sa survie, alors même que le marché des semi-conducteurs se reprend moins vite que prévu. Entamée en novembre, la reprise des cours des DRAM sur les marchés mondiaux a tourné court : les prix repartent aujourd'hui à la baisse. Et le retour à la rentabilité d'exploitation du groupe pourrait être compromis.

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