Pixar profite du succès "monstre" de sa dernière production

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Si Steve Jobs n'a gagné qu'un dollar de salaire chez Apple en 2001 en raison des difficultés rencontrées par le constructeur informatique à la pomme, il a trouvé chez Pixar, le studio d'animation qu'il dirige depuis sept ans, d'autres sources de revenus et d'autres motifs de satisfaction. L'ex-division d'animation d'Industrial Light & Magic, propriété de George "Star Wars" Lucas, affiche en effet, malgré sa petite taille, une santé financière encourageante : en 2001, le studio a dégagé une rentabilité nette de 51%. Le bénéfice net atteint ainsi 36,2 millions de dollars pour 70,2 millions de chiffre d'affaires. A l'origine de ce succès se trouvent... des monstres. Ceux de "Monsters, Inc", le dernier long métrage animé produit par Pixar pour le compte de Disney. Le film, qui raconte l'histoire de monstres sympathiques produisant de l'énergie avec les cris des enfants qu'ils effraient, a dégagé 234,2 millions de dollars de recettes sur les deux derniers mois de 2001 aux Etats-Unis, et a passé il y a quelques jours la barre des 250 millions (le film sortira en France le 20 mars). Un succès "monstre", pour reprendre l'expression de Steve Jobs, qui se lit dans les résultats trimestriels : le bénéfice par action a doublé d'un trimestre sur l'autre, pour atteindre 25 cents. Mais le succès de "Monsters, Inc" souligne la principale faiblesse de Pixar, que lui reprochent encore les analystes financiers : même si la société affiche régulièrement des résultats supérieurs aux attentes, elle reste très dépendante de la présence ou pas de l'une de ses productions sur les écrans et sur les étagères des rayons vidéos des distributeurs de produits culturels. Ainsi, malgré "Monsters, Inc", le chiffre d'affaires du quatrième trimestre 2001 s'inscrit en recul de 65% sur la même période de 2000, année marquée par la sortie, en salles à l'international puis en vidéo, de "Toy Story 2". Sur l'ensemble de l'année, la baisse des ventes atteint encore 60%. 2002 devrait voir le chiffre d'affaires redécoller, reproduisant le scénario de 2000 : une fois la carrière internationale de "Monsters, Inc" achevée, les versions DVD et vidéo, dont la sortie est planifiée pour l'automne, prendront le relais. Pour Steve Jobs, le remède à l'irrégularité des revenus est simple : Pixar entend accélérer le rythme de sortie de ses productions. Car en sept ans, le studio n'a produit que quatre longs métrages : "Toy Story" en 1995, "Mille et une pattes" ("A Bug's Life") en 1998, "Toy Story 2" en 1999 et "Monsters, Inc" l'an dernier. Des produits rares mais toujours réussis : la recette moyenne atteint 379 millions de dollars. Le calendrier de production se resserre peu à peu, puisque le prochain projet, baptisé "Finding Nemo", doit sortir à l'été 2003. Mais l'objectif à terme est de parvenir à un rythme d'une sortie par an, voire sur le même exercice, d'une sortie en salles et de la sortie en vidéo de la production précédente. Une stratégie qui sera peut-être plus facile à mettre en oeuvre une fois rempli le contrat d'exclusivité conclu en 1997 avec Disney, et en vertu duquel Pixar "doit" encore trois films au géant des loisirs. Les trois projets sont tous entrés en production, a souligné Steve Jobs. Une fois terminé, Pixar sera réellement maître de son calendrier. Quitte à entrer en concurrence avec son partenaire actuel. Marc Angrand

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