UPC toujours pénalisé par sa dette

Le câblo-opérateur britannique NTL n'est pas le seul à être en difficultés financières. Le néerlandais United Pan-European Communications, UPC, souffre également d'une dette pesante. Alors qu'il publie mardi ses résultats annuels 2001, le groupe prévient qu'il attendra que ses comptes soient audités avant de rendre public son résultat net, le temps que soient résolus certaines problématiques comptables, après que le groupe ait fait défaut sur sa dette le mois dernier.En attendant, UPC publie au titre de l'exercice 2001 une perte brute d'exploitation (Ebitda négatif) de 162 millions d'euros, un chiffre en amélioration par rapport aux 363 millions d'euros enregistrés un an auparavant. UPC tablait sur une perte plus importante que celle publiée mardi, comprise entre 185 et 195 millions d'euros. Le câblo-opérateur compte toujours arriver à un Ebitda à l'équilibre en 2002.Le chiffre d'affaires ressort en hausse de 38% à 1,4 milliard d'euros, contre 1 milliard d'euros en 2000. Le groupe, numéro un européen du câble, compte actuellement 7 millions d'abonnés tous canaux confondus (télévision payante, Internet rapide et téléphonie) mais a réalisé, pour atteindre cet objectif, de très lourds investissements sur son réseau. C'est pourquoi, il a aujourd'hui du mal à faire face à une dette d'environ 8 milliards d'euros. Il avait engagé l'an dernier un vaste plan de restructuration, afin de réduire ses pertes. Les mesures de réduction des coûts prévoyaient entre autres 1.500 suppressions de postes.Malgré tout, UPC n'a pas été en mesure d'honorer, début mars, le paiement des intérêts sur une dette de 4 milliards d'euros. Ses banques ont laissé au groupe un délai supplémentaire de trois mois (donc jusqu'au 3 juin) afin de lui permettre de débloquer la situation. En attendant, UPC espère convaincre les détenteurs d'obligations de convertir leurs titres en actions, ce qui permettrait d'effacer une partie de la dette. Cette conversion aurait pour effet de renforcer le contrôle de l'américain Liberty Media, propriété de John Malone, sur UPC. Liberty possède en effet 72% de UnitedGlobalCom, maison-mère d'UPC, qui en détient à son tour 53%. La situation financière critique d'UPC et le rôle clé de John Malone dans son avenir sont donc deux points communs avec le britannique NTL, dont France Télécom détient 18,5%. Celui-ci, après avoir avoué il y a quelques jours être presque à court de liquidités (voir ci-contre), vient de repousser d'un mois, au 1er mai, le paiement de 96 millions de dollars d'intérêts de sa dette exigibles hier 1er avril. Une décision prise sous la contrainte d'"un comité non officiel regroupant des créanciers porteurs d'au moins 50 % de ses titres et obligations". Ces derniers ont ainsi ouvert la voie à l'entrée d'un nouvel actionnaire dans le capital du groupe. Car NTL, qui croule sous une dette de presque 20 milliards d'euros, n'aura sans doute pas d'autre choix, pour restructurer cet énorme endettement, que d'accueillir un nouvel apporteur de fonds. Cet investisseur stratégique pourrait être Telewest, un autre acteur de la télévision payante britannique, dont Liberty Media, le groupe de John Malone, possède 25% des parts. Une telle opération permettrait à l'Américain qui n'a pas renoncé à ses ambitions en Europe de pouvoir lutter contre le numéro un du marché, BSkyB, propriété de Murdoch.A la Bourse d'Amsterdam, l'action UPC a terminé stable mardi à 0,17 euro. Elle en valait le double il y a deux mois... et avait passé le cap des 80 euros début 2000.

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