Philips a encaissé de plein fouet le retournement de 2001

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Oubliée la santé insolente de 2000 : frappé par la crise de ses principaux marchés, Philips a renoué l'an dernier avec les pertes, affichant au final son plus mauvais résultat depuis 1996. L'exercice se solde par une perte de 2,6 milliards d'euros (contre un bénéfice de 9,6 milliards l'année précédente !), pour un chiffre d'affaires en recul de 15%, à 32,34 milliards. Pour expliquer cette spectaculaire dégradation, Philips met en cause "la crise économique mondiale sur les marchés des technologies de l'information et des télécommunications". Trois des principales divisions du groupe - les semi-conducteurs, l'électronique grand public et les composants, représentant 56% du total des ventes l'an dernier - ont particulièrement souffert, et ont logiquement été les plus touchées par les mesures de réduction des coûts, qui ont conduit le groupe à supprimer 18.600 emplois au cours de l'exercice, soit 9% de ses effectifs. L'électroménager, l'éclairage et les équipements médicaux, moins cycliques, continuent en revanche d'afficher de bons résultats. Pour le seul quatrième trimestre, Philips accuse une perte nette de 1,14 milliard d'euros, dont 959 millions d'éléments exceptionnels. Un chiffre nettement supérieur aux attentes des analystes, dont les plus pessimistes ne prévoyaient pas plus de 818 millions d'euros de pertes. Au quatrième trimestre 2000, le groupe avait gagné 2,8 milliards d'euros. Pour cette année, Philips entend bien publier de nouveau des bénéfices - hors et après éléments exceptionnels - mais il souligne qu'il évolue partout dans le monde dans un contexte de "croissance limitée" et que "l'amélioration des résultats en 2002 proviendra principalement des réductions de coûts, de l'amélioration de l'efficacité et des programmes de restructurations" dont la plupart ont été engagés l'an dernier. Le groupe d'Eindhoven précise que les baisses d'activité dans la haute technologie et les télécoms "sont désormais stoppées" et que les excédents de stocks "chez les clients comme chez les industriels ont pratiquement disparu". Pour autant, il ne table sur aucun renforcement de ces marchés pour l'instant.Le PDG du groupe, Gerard Kleisterlee, qui a pris ses fonctions l'an dernier, se contente donc de réaffirmer les objectifs à moyen terme du groupe - à savoir une croissance annuelle de 10% des ventes et du résultat d'exploitation, de 15% du résultat net par action. Sans préciser quand il situe ce "moyen terme"... Dans les semi-conducteurs, le premier trimestre devrait être, en termes de ventes, quasiment stable par rapport aux trois derniers mois de 2001 : Jan Hommen, le directeur financier du groupe, table au mieux sur une hausse de 2% de l'activité. L'activité mobile, elle, devrait être de nouveau rentable dès cette année. Engrangeant ainsi les fruits de la profonde et douloureuse restructuration engagée l'été dernier : le groupe s'est complètement retiré de la fabrication de ses combinés portables, désormais sous-traitée. Une décision qui a notamment touché l'usine française du Mans (lire articles ci-contre).Jan Hommen a par ailleurs précisé que les cessions des 27 participations non-stratégiques envisagées au cours des 18 prochains mois pourraient lui rapporter un milliard d'euros. Le groupe n'a en revanche pas l'intention de céder sa participation de 3,53% dans Vivendi Universal, héritée de la cession de Polygram à Seagram. Même si la baisse du groupe de Jean-Marie Messier en Bourse a obligé Philips à inscrire dans ses comptes 2001 une provision pour dépréciation d'actifs de 526 millions d'euros.A la Bourse d'Amsterdam, l'action Philips a gagné jeudi 2,62% à 30,17 euros. latribune.f

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