HP-Compaq : la fusion au forceps

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Michael Dell fait partie de ceux qui y croient. Le fondateur et patron du désormais numéro un mondial du PC ne doute pas du mariage de ses deux principaux rivaux. Et pour cause. Depuis son annonce en septembre 2001, Dell profite à plein des incertitudes qui pèsent sur HP et Compaq. La réussite de la fusion et la période de digestion qui s'en suivrait prolongerait à coup sûr l'état de grâce de Dell. Mais, pour l'heure un pronostic reste difficile. Fusionnera, fusionnera pas ? La bataille pour obtenir l'onction d'une majorité d'actionnaires a pris l'allure d'une guerre de tranchées où tous les coups son permis. D'un côté, il y a les "pro", autour de Carly Fiorina et Michael Capellas, les patrons de HP et de Compaq, qui n'envisagent pas d'avenir radieux sans ce rapprochement. De l'autre, le front des opposants s'est structuré autour des héritiers des deux familles fondatrices de HP : les Hewlett et les Packard. Contrôlant 18 % du capital, ils entendent rassembler les opposants et les sceptiques. A l'approche du 19 mars, date du vote des actionnaires, rien d'étonnant donc à ce que la tension monte entre deux camps qui fourbissent leurs armes. La direction de HP brandit ses arguments et ses chiffres. Le secteur informatique va mal et HP et Compaq feront mieux ensemble parce qu'une fusion doit permettre au nouvel ensemble de générer des économies de 2,5 milliards de dollars en année pleine. Dès l'année fiscale 2003, Carly Fiorina et les siens promettent en outre une substantielle hausse des profits. De leur côté, c'est la pertinence économique de la fusion que les opposants mettent précisément en doute. Walter Hewlett, membre du conseil d'administration de la société créée par son père, répète inlassablement à la presse et à tous les actionnaires qu'il rencontre que HP a les moyens de rester seul pour se restructurer. Chef de file des opposants, il joue sur la méfiance de certains investisseurs envers les fusions géantes et cet argument fait notamment mouche auprès des salariés actionnaires de leur entreprise. Carly Fiorina joue donc gros. Sur le papier, elle a logiquement tout pour convaincre une majorité d'actionnaires. Pourtant, la tonalité dure et polémique de la bataille ces derniers jours ne permet pas d'exclure des rebondissements. Du coup, la présidente de HP est doublement attendue au tournant. Soit elle échoue et elle devra très certainement démissionner. Soit elle réussit et elle ne sera pas à l'abri pour autant. La direction de HP table sur une fusion réalisée en quelques mois. Il lui faudra ensuite réussir la restructuration et dégager les synergies promises afin de tirer pleinement profit de l'effet de taille. De nombreuses grosses fusions n'ont, à ce stade, pas tenu leurs promesses. Là encore, Carly Fiorina ne se remettrait sans doute pas d'un tel scénario. HP non plus et c'est sur cette peur que les opposants vont jouer dans les prochains jours.

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