Cisco augmente sa rentabilité mais reste prudent

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Mitigés, les résultats trimestriels publiés hier soir par Cisco comportent cependant des éléments de nature à rassurer en partie investisseurs et acteurs de la high-tech sur les perspectives du marché des équipements Internet. Le numéro un mondial de ce marché est en effet parvenu à appliquer, malgré un environnement encore peu favorable, les recettes qui en firent, naguère, une star boursière, éphémère première capitalisation du monde.Le groupe californien a annoncé après la clôture de Wall Street avoir réalisé, sur les trois derniers mois, un résultat net pro forma (excluant certaines charges considérées comme exceptionnelles, comme le coût des programmes de stock options) d'un milliard de dollars, soit 14 cents par action. Ce dernier chiffre est sept fois plus élevé que pour le même trimestre l'an dernier, et il est surtout supérieur de 2 cents aux prévisions moyennes des analystes financiers. Calculé selon les normes GAAP, le résultat net est multiplié par 100 par rapport à l'an dernier, à 772 millions, soit dix cents par action. Le chiffre d'affaires, lui, est légèrement en retrait par rapport aux attentes, à 4,8 milliards de dollars pour le trimestre. Il reste néanmoins stable par rapport au trimestre précédent et en hausse de 12% sur un an. Cisco est en effet relativement abrité des turbulences secouant le marché des opérateurs télécoms et fournisseurs d'accès Internet par le fait que 30% seulement de ses ventes proviennent de ce secteur, qu'il juge toujours "difficile". En revanche, "les clients entreprises [par opposition aux opérateurs télécoms, ndlr] restent prudents mais régulières dans leurs dépenses", résume le groupe. Pour les mois à venir, le très influent directeur financier du groupe, Larry Carter, qui a annoncé son intention de prendre sa retraite en mai prochain, a expliqué que le chiffre d'affaires devrait être stable ou progresser de quelques points par rapport au dernier trimestre.Le PDG du groupe, John Chambers, a pour sa part insisté sur l'amélioration de la marge brute, remontée en un an de 63 à 82%. "Nous avons continué à nous concentrer sur ce que nous pouvons maîtriser, et les résultats parlent d'eux-mêmes. Notre performance opérationnelle est en ligne avec les records historiques, notamment en matière de marges brutes et de bénéfice rapporté au chiffre d'affaires". Des résultats obtenus notamment grâce au vaste programme de réduction des coûts mis en chantier l'an dernier : Cisco a supprimé près d'un quart de ses effectifs en 2001, soit 8.500 postes.Cisco a par ailleurs annoncé qu'il allait accélérer son programme de rachat d'actions, pour y consacrer un total de 8 milliards de dollars d'ici septembre 2003, au lieu des trois milliards précédemment prévus. Deux milliards de dollars ont été investis dans l'acquisition de titres Cisco, destinés à être annulés pour doper le résultat par action. L'opération ne consommera qu'un gros tiers de la trésorerie du groupe, qui atteint 21,5 milliards de dollars. Et elle fera sans doute très bonne impression aux yeux des investisseurs: jusqu'en 2000, Cisco avait assuré sa croissance en multipliant les acquisitions de start-up innovantes à coups de centaines de millions de dollars en actions nouvelles. Le rythme et le coût des acquisitions s'est très nettement ralenti depuis: au cours du quatrième trimestre, le groupe n'a racheté que deux sociétés, pour un prix total ne dépassant pas 260 millions de dollars. En Bourse, l'action Cisco, après une ouverture en hausse de plus de 10,77%, réduisait ses gains à 5,39%, à 12,72 dollars, à la mi-journée mercredi. Morgan Stanley et Crédit Suisse First Boston ont relevé leurs prévisions de résultats pour l'exercice en cours, pour tenir compte de la hausse des marges. Mais Morgan Stanley a ramené son objectif de cours de 19 à 14 dollars, en raison de la faiblesse des ventes. Tout comme celui des équipements Internet, le marché des équipements de réseaux mobiles reste déprimé. Nokia en tire les conséquences en annonçant 900 suppressions d'emplois dans sa branche "Networks", soit près de 5% des effectifs de celle-ci. Ce plan social, qui sera achevé avant la fin de l'année, est le plus important mis en oeuvre par le groupe finlandais depuis un an. Nokia Networks a subi, pour le seul deuxième trimestre, une chute de 22% de ses ventes, à 1,474 milliard d'euros. Et le groupe table sur un recul du marché mondial en 2002.

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