WorldCom, en quête d'un PDG, espère sortir du Chapitre 11 mi-2003

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Groupe en faillite et visé par plusieurs enquêtes fédérales cherche PDG courageux: ainsi résumée, l'offre d'emploi n'est guère alléchante. C'est pourtant celle qu'a rendu publique WorldCom, en des termes moins brutaux cependant. L'opérateur américain contraint de déposer son bilan en juillet après la découverte de manipulations comptables portant sur plusieurs milliards de dollars est en effet en quête d'un patron. Son PDG actuel, John Sidgmore, nommé pour assurer l'intérim après le limogeage de Bernie Ebbers en avril, a réaffirmé qu'il n'entendait pas rester durablement à la tête du groupe WorldCom. Il recherche donc "activement" un PDG "permanent" et a fait appel dans ce but à un cabinet spécialisé. Le conseil d'administration espère aboutir avant la fin de l'année.John Sidgmore entend donc retrouver le plus rapidement possible son fauteuil initial de vice-président du groupe, et laisser à un nouveau PDG le soin de diriger "les activités au jour le jour de l'entreprise et l'ensemble du processus de redressement judiciaire". Pour rassurer les investisseurs - et d'éventuels candidats - WorldCom souligne par ailleurs qu'il "reste en bonne voie pour se restructurer et sortir de la protection du Chapitre 11 à la mi-2003". Le nouveau PDG devra cependant avoir les nerfs bien accrochés : s'il dirige le deuxième opérateur longue distance américain, il devra aussi faire oublier que WorldCom a signé la plus grosse faillite de l'histoire américaine, devant Enron, et trouver une issue durable au problème d'endettement de l'entreprise : en dix-neuf ans d'existence, WorldCom a accumulé 41 milliards de dollars de dette. La restructuration se déroule en outre sur fond de démélés judiciaires : alors que trois anciens dirigeants du groupe dont son ex-directeur financier ont été arrêtés, les enquêteurs fédéraux s'efforceraient actuellement de rassembler des preuves impliquant personnellement Bernie Ebbers, le fondateur du groupe, dans les manipulations comptables découvertes ces derniers mois et qui porteraient, selon les dernières estimations, sur 7,68 milliards de dollars. Ces développements dans l'enquête pourraient d'ailleurs amener le conseil d'administration de WorldCom à revoir les indemnités offertes à Bernie Ebbers au moment de son départ. A savoir une pension annuelle à vie de 1,5 million de dollars et un prêt de 408 millions accordé à des conditions particulièrement avantageuses. La question a été abordée par le conseil hier mais aucune décision n'a encore été prise sur ce point, précise Reuters. Au delà de Bernie Ebbers, le débat sur ses indemnités met en cause un administrateur indépendant du groupe, Stiles Kellett, qui les aurait avalisées en échange du droit d'utiliser un jet Falcon 20 du groupe pour le prix symbolique d'un dollar par mois. L'avocat de Stiles Kellett souligne cependant que les indemnités de Bernie Ebbers ont aussi été approuvées par six autres administrateurs indépendants.

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