Les fournisseurs d'accès Internet interpellent les candidats à la présidentielle

Alors que les candidats à la présidence de la République multiplient leurs interventions sur Internet - par le biais de sites de campagnes, de "chats" avec les internautes ou d'interviews par courrier électronique interposé - les fournisseurs d'accès français réunis au sein de l'AFA (Association des fournisseurs d'accès et de services Internet) ont décidé à leur tour de s'immiscer dans le débat de la présidentielle. Soulignant que "la France continue à faire moins bien que ses partenaires européens en matière de pénétration d'Internet", avec un taux de connexion de 30,1% contre 37,7% en moyenne dans l'Union, l'AFA réclame donc un "véritable effort collectif" qui doit passer, selon elle, essentiellement par des incitations fiscales. L'AFA dénombrait 7.116.500 abonnements individuels au 31 décembre, dont 601.500 à un accès haut débit.Parmi les mesures "proposées" aux candidats à l'Elysée figure une TVA réduite à 5,5% sur le haut débit, qui serait ainsi "alignée sur la TVA de la télévision numérique", une prime de rentrée spéciale de 300 euros pour l'équipement informatique des familles et une déduction fiscale pour l'équipement informatique et la connexion des salariés des entreprises et des professions libérales. Au-delà, l'association souhaite une réduction du coût du Service universel, contribution payée par tous les opérateurs et fixée actuellement à 0,13 centime d'euro par minute de télécommunication, et une modification de la répartition entre opérateurs, qui pénalise selon elle les forfaits Internet de longue durée. Selon l'AFA, l'Internet à bas débit a représenté l'an dernier près de 25% des contributions au Service universel (soit 102 millions d'euros sur 415), contre 2% seulement en 1998. Et sa part pourrait atteindre 31% cette année. Pour faciliter la maîtrise de l'informatique "par ceux qui en ont le plus besoin", l'AFA réclame également la multiplication des points d'accès publics (bureaux de poste, gares, mairies, etc.) animés par des emplois jeunes ainsi que des accès dans les ANPE, et la poursuite de l'effort de connexion des établissements scolaires. L'AFA estime en outre nécessaire que l'Etat réaffirme son rôle dans le développement d'Internet, en clarifiant les règles de conservation des données de connexion par les intermédiaires techniques (fournisseurs d'accès et hébergeurs) et en jouant son rôle de régulation économique, principalement en matière d'interconnexion forfaitaire et de coût de l'accès à haut débit. Reprenant là des thèmes sur lesquels elle a déjà milité, l'association propose donc la réduction des prix facturés par France Télécom aux fournisseurs d'accès et aux opérateurs concurrents sur l'accès ADSL et l'amélioration des conditions du dégroupage.A l'appui de ses propositions, l'AFA présente les principaux résultats d'un sondage réalisé en février par Louis Harris, selon lequel 89% des Français ont envie de pouvoir utiliser les nouvelles technologies mais les jugent encore trop chères.

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